Semaine du 15 janvier 2024 : discours présidentiel et focus : quand Macron rime avec capitation ; report de la multilatérale du 25/01 au 08/02

Voici une synthèse de cette semaine du 15 janvier 2024.

Tout d’abord, prise de parole d’Emmanuel Macron, Président de la République, mardi soir lors de sa conférence de presse où le sujet de la santé a été largement évoqué. Il a notamment abordé la rémunération des médecins libéraux qu’il souhaite être autour du patient et non plus à l’acte. Il ne l’a pas nommé, mais c’est de la capitation.

La capitation existe déjà dans les pays anglo-saxons, et dans le fameux NHS, que le gouvernement français prend pour modèle. 

Depuis le début Médecins Pour Demain, est contre cette capitation.

Pourquoi ? 

  • Parce que c’est néfaste pour l’accès aux soins des Français : effectivement, la capitation incite les médecins à avoir une grosse patientèle : les délais de consultation vont donc s’allonger, ils ne pourront plus suivre correctement leurs patients. Nous rappelons qu’au Royaume-Uni, il faut 13 semaines pour pouvoir consulter un médecin généraliste !
  • Pour les médecins, la capitation est un salariat caché mais les médecins libéraux gardent leur statut de profession libérale : il y aura toujours les charges, le secrétariat, les locaux à payer. En revanche ils ne seront plus maîtres de leur rémunération.

Nous vous rappelons que dans le code de déontologie, le médecin doit avoir une indépendance professionnelle. Avec la capitation, ça ne sera plus le cas.

Cette semaine avaient lieu deux focus : le travail en équipe et les spécialités chirurgicales / de bloc.

Nous avons pu participer au focus sur le travail en équipe, grâce à Moktaria Alikada qui nous a représentée sur invitation de l’UFML.

Durant cette réunion, la CNAM est revenue sur la simplification administrative que tout le monde souhaiterait. Mais le sujet essentiel abordé lors de cette réunion est le PEPS.

Qu’est-ce que le PEPS ? C’est le paiement en équipe de professionnels de santé. Il s’agit donc de la capitation au niveau d’une équipe pluriprofessionnelle.

On voit donc à nouveau que la capitation leur tient à cœur…

Les équipes de soins seraient payées en fonction du nombre et du profil de leurs patients. Ensuite, charge à eux de répartir les rémunérations entre les différents professionnels de l’équipe qui s’occupe du patient.

La CNAM a voulu en faire la promotion, mais on sent bien qu’il y a une volonté politique derrière. 16 maisons de santé pluriprofessionnelles ont participé à une expérimentation du PEPS mais 13 en sont sorties puisque ce mode de rémunération n’était pas viable, ni financièrement ni techniquement.

Cette expérimentation est donc un échec. Pourtant la CNAM tente de promouvoir ce nouveau mode de rémunération.

Heureusement, tous les syndicats ont refusé cette proposition.

On notera tout de même que la CSMF a refusé seulement à demi-mots, mais tous les syndicats ont fini par refuser ce type de rémunération, ce qui est un point positif.

Le deuxième focus, était pour les spécialités de bloc. Nous n’y étions pas, mais nous pouvons vous dire qu’il a été à nouveau évoqué la diminution du nombre de médecins et l’augmentation du nombre de médecins en secteur 2 dans ces spécialités. C’est logique puisqu’il y a des problèmes de rémunération en secteur 1.

Nous en revenons toujours au problème d’attractivité de la profession.

Dernier sujet : nous venons d’apprendre que la multilatérale (négociation avec tous les syndicats) prévue la semaine prochaine (le 25 janvier) a été décalée au 8 février prochain.

Nous sommes déçus et en colère, car nous attendions avec impatience cette multilatérale, puisque Thomas Fâtome avait promis qu’il nous donnerait des propositions chiffrées de la CNAM.

Nous espérons qu’il s’agisse simplement d’un problème de calendrier avec le remaniement ministériel récent…

Nous vous tiendrons au courant des discussions avec les différents syndicats, dès que nous aurons des nouvelles.

Nous vous rappelons enfin que nous avons relancé les adhésions à Médecins Pour Demain pour 2024 . N’oubliez donc pas de réadhérer si ce n’est pas encore fait. Ceux qui ne sont pas encore adhérents, n’hésitez pas à le faire. Nous en avons besoin pour nos déplacements et nos médiatisations ainsi que pour rester représentatifs aux yeux des politiques et des médias.

Résumé du focus « Travail en équipe » du Dr Moktaria Alikada, secrétaire de Médecins Pour Demain :

Vidéo récapitulative du Dr Mélanie Rica Henry, Présidente de Médecins Pour Demain :

Négociations conventionnelles : épisode 4 – Focus psychiatrie

Le 30 novembre 2023, Médecins Pour Demain a été convié au focus psychiatrie des négociations conventionnelles.

Nous étions représentés par les docteurs Noëlle Cariclet, invitée de la FMF, et Ephrem Ménager, invité par le SML. Plus bas, vous trouverez leur compte-rendu.

Voici leur document de travail que nous avons envoyé aux syndicats et à la CNAM : Réflexions sur l’activité de psychiatrie des Drs CARICLET et MENAGER

Compte rendu du focus :

Négociations conventionnelles : épisode 3 – Focus Pertinence des Soins

Le 23 novembre, Moktaria Alikada (avec l’UFML-s) et Pierre Louis Helias (avec la FMF) étaient présents au focus « pertinence des soins » aux négociations conventionnelles : voici leur message.

Nous avons insisté sur l’indépendance professionnelle garantie dans le code de déontologie et sur l’Evidence-Based Medicine (EBM) qui ne sont pas compatibles avec une intervention extérieure sur la pertinence de nos prescriptions.

Nous avons dit qu’on ne peut parler de pertinence des prescriptions sans parler de l’inadéquation entre le besoin de soins des patients et l’offre de soins qui est insuffisante.
Et qu’on ne peut faire de dichotomie entre les deux.
Nous avons dit que si les médecins ne sont pas assez nombreux, épuisés et pas assez rémunérés, cela a un impact direct sur la qualité et la pertinence des soins.

Nous avons dit que les prescriptions par les médecins de médicaments, de biologie étaient directement impactées par un second recours sinistré et un hôpital sinistré.

Le médecin se retrouve seul de longs mois, avec une responsabilité et doit apporter des solutions.

Nous avons protesté contre des chiffres pas toujours corrects :

  • nombre de patients ALD.
  • nombre de dépistages du cancer du côlon.

Nous avons proposé des solutions :

  • rappeler les référentiels.
  • développer la formation (difficile quand les médecins sont aussi peu nombreux, on laisse les patients et double journées au retour de formation).
  • consultation de base mieux rémunérée pour pouvoir faire de l’éducation thérapeutique et moins prescrire.

Voici le travail de MPD sur le focus « pertinence et qualité des soins » :

Les précédents épisodes sont disponibles ici :
Episode 1 – Début des négociations conventionnelles
Episode 2 – Focus Médecins généralistes