Médecins Pour Demain tient à saluer la prise de position du Premier ministre François Bayrou, qui a eu le courage de se saisir du problème des déserts médicaux, l’un des plus grands défis de notre système de santé.
Nous nous satisfaisons de constater que l’idée de la régulation obligatoire à l’installation, telle qu’adoptée dans la proposition de loi Garot, soit fermement écartée par le gouvernement. Comme nous l’avons toujours défendu, la coercition à l’installation est une fausse bonne idée, dangereuse pour l’avenir de la médecine libérale et l’accès aux soins.
Mais si l’on évite la contrainte directe, nous ne pouvons que regretter la réintroduction d’obligations détournées, qui fragilisent autant les médecins que leurs patients.
Le « plan de solidarité obligatoire » impose aux médecins libéraux de quitter leur patientèle deux jours par mois pour exercer dans des zones sous-dotées. Cette solution revient à « déshabiller Paul pour habiller Pierre » :
- À qui laissons-nous nos patients habituels pendant ce temps ?
- Comment garantir la qualité et la continuité des soins avec des semaines de travail dépassant déjà les 55 heures ?
- Comment demander aux médecins, dont un tiers a plus de 60 ans, d’enchaîner des gardes de nuit profonde sans repos compensateur, en dépit de toutes les règles de sécurité applicables ailleurs en France et en Europe ?
Avec 50 % des médecins en burn-out et une attractivité en chute libre, ce plan risque d’accélérer les déplaquages et les désertions, aggravant la crise au lieu de la résoudre.
Médecins Pour Demain rappelle que la solution passe par l’incitation, jamais par l’obligation.
Nous soulignons également que tous les médecins sont concernés, et non pas seulement les médecins généralistes : spécialistes, chirurgiens, psychiatres, pédiatres… tous risquent d’être impactés par cette mesure inadaptée.
Par ailleurs, vouloir limiter certaines activités complémentaires des médecins ou restreindre l’accès au secteur 2 est une grave erreur : les causes profondes du désengagement résident dans des conditions d’exercice devenues intenables et une valeur de l’acte trop basse.
Nous appelons à :
- La mise en place nécessaire de dispositifs incitatifs, comme l’exonération d’impôts sur les consultations réalisées dans les zones sous-dotées,
- L’ouverture des dépassements d’honoraires sur le cabinet principal ou encore donner accès au secteur deux, afin de soutenir et valoriser l’engagement volontaire sur le terrain,
- Maintenir l’autorisation de remplacement sur le cabinet principal,
- Encourager sur la base du volontariat, en mobilisant notamment les médecins proches de la retraite et ceux qui souhaitent contribuer ponctuellement au dispositif,
- Revaloriser l’exercice libéral pour rendre attractif le choix de la médecine générale comme de toutes les autres spécialités,
- Respecter les règles de temps de travail et de repos pour garantir la qualité des soins et la sécurité des patients
De plus nous attirons l’attention sur le fait que le dispositif mis en place dans le plan Bayrou ne doit pas devenir un surcout pour les médecins. Nous demandons une mise à disposition de locaux, de moyens humains et matériels nous permettant de pratiquer ces deux jours de volontariat dans les meilleurs conditions pour nos patients et par là-même les soignants.
Dans ce contexte, Médecins Pour Demain maintient son appel à la mobilisation pour la grève, aux côtés des internes en médecine.
Ils sont l’avenir de notre système de santé : ne les décourageons pas, ne les faisons pas fuir par des mesures coercitives et une dégradation continue des conditions d’exercice.
Nous refusons que l’on sacrifie la médecine libérale au nom de fausses solutions.
Nous continuerons à défendre une médecine de qualité, accessible à tous, exercée dans le respect des soignants comme des patients.
#StopPPLGarot #MédecineLibre #DésertsMédicaux


Et maintenant : un petit mot sur le sondage que Médecins Pour Demain a lancé il y a quelques semaines.
Concernant les étudiants en médecine :
Si la PPL GAROT passe :
- Seulement 18,5% des étudiants envisagent de s’installer tout de suite et 9% après avoir remplacé 4 ans.
- 23% des étudiants s’expatrient, soit un quart des étudiants, et 19,7% remplacent 4 ans puis s’expatrient, soit 43% de départ à l’étranger si la PPL Garot passe.
- 14% des étudiants se dirigent vers le salariat.
- 7% arrêtent leurs études.
Les enseignements de ce sondage sont les suivants :
Cette PPL Garot pousse les étudiants et les médecins vers l’expatriation, le salariat, la non-installation et pour certains à purement et simplement quitter le soin.
Il faut écouter le terrain et les médecins et abandonner cette loi Garot pour ne pas mettre à mal l’attractivité déjà en berne, et trouver d’autres solutions pour la médecine libérale en accord avec les acteurs de terrain.




Ping : Déserts médicaux : pourquoi la solution de Bayrou ne convainc pas totalement les médecins - Tripalio
Bonjour à toutes et à tous.
Nous ne sommes pas tirés d’affaire, au contraire. F Bayrou a des complices à satisfaire pour se maintenir au pouvoir, s’en prendre aux libéraux sous l’influence de la « gauche utile » tout en donnant quelques gages à LFI et mater en premier les généralistes à un an des municipales. Sa proposition en trompe-l’oeil vise à gagner du temps et surtout à faire porter l’effort « citoyen » sur les libéraux sans réelle contrepartie et au moindre coût pour ce gouvernement qui demande des efforts à tout le monde sauf à lui même.
Tout cela était prévisible mais la plupart des médecins font partie de la génération Macron et leur politiquement correct a obscurci leur discernement sur l’avenir de la profession. Le réveil est douloureux maintenant que les coups pleuvent sur nous..
Sur le fond la perte d’attractivité ne se limite pas à l’aspect financier ; qui semble occuper l’essentiel de la réflexion de MPD; c’est autant la chape de plomb bureaucratique pilotée par les ARS qui étouffe la médecine et qui me gêne le plus dans ma 35è année d’exercice.
Nous n’attirerons personne avec toutes les contraintes administratives et sociales qui gangrènent la médecine et finiront par l’amputer de toute activité de soin. Voici quelques points rédhibitoires. La protection sociale reste indigente même maquillée par l’aumône de la sécu. Un congé maternité entraîne une perte moyenne de 10000€ surtout avec un remplaçant et malgré la « générosité » de la CARMF. La retraite dépend des réserves de la CARMF que l’URSSAF rêve de s’accaparer et…. du nombre de libéraux…. il y a quelques années, pour équilibrer les comptes, il a fallu diminuer la valeur du point des retraités qui ont… cotisé à perte…Et…bientôt la fin de l’abattement de 10% qui nous fera changer de tranche ou partir plus tôt pour maintenir son pouvoir d’achat?
Les pensions de réversion se réduisent comme peau de chagrin.
Le prélèvement à la source revient à un prêt permanent à l’Etat et comporte des fluctuations dangereuses pour nos trésoreries.
Les brimades administratives et réglementaires nous envahissent comme autant de métastases. Multiplication des médicaments sur ordonnances sécurisées ( quelles justifications ?), « laisser passer » à télécharger au cours d’une consultation déjà longue pour la délivrance des gliptines., prescription initiale de pansement limitée à 7 jours pour éviter les gaspillages mais patient à réévaluer avec une nouvelle consultation ? ( + 30€ =économie ?) , justification de certaines prescriptions , modération sur la prescription de TSH comme nous y incitent les DAM mais en cas d’anomalie le laboratoire pourra doser T4 de lui-même… alors plus besoin d’examiner les patients auparavant un algorithme devrait suffire. Je passe sur la chasse aux arrêts de travail que ces salauds de médecins ont l’outrecuidance de prescrire alors que les caisses sont vides.
Je n’oublie pas le maquis de la nomenclature dont la rémunération n’est jamais proportionnelle au temps passé et qui ne sert qu’à geler l’acte de base. Les généralistes deviennent des sherpas pour les prescriptions de biologies et autres IRM exigées par le grand spécialiste afin qu’il se concentre uniquement sur l’acte médical et…la facturation. Comme on a du temps à perdre maintenant il faudrait pré inscrire nos patients sur des plates-formes afin que les spécialistes ou l’hôpital les convoquent à leur convenance et non en fonction de l’évaluation que nous avons faite de leur état de santé.
Malgré toutes ces exigences et notre compliance il deviendra bientôt plus difficile de percevoir la ROSP ou son équivalent ( puis idem pour le forfait médecin traitant ?) que de gagner à l’euro million.
Pour dissimuler la pénurie due au massacre de la 1ère année et sa fausse bonne réforme ils nous ont imposé la délégation de tâches qui dépèce la profession et qui la vide de tout intérêt. Désormais c’est la curée voire l’hallali. Les pharmaciens font des prises en charge directes et délivrent les médicaments, remboursés…ou pas. Direct du producteur au consommateur, pratique non ? et sans danger car on refile le patient au médecin si ça tourne mal.
Maintenant tout le monde vaccine mais… c’est toujours le médecin qui doit tenir le dossier médical. Qu’y aura t’il dedans ? De toute façon avec le DMP plus besoin de généraliste, on entre là dedans, on dépose ou on se sert et on repart.
Les sage femmes ne se contentent plus de « guetter au trou » , elles suivent les femmes avant, pendant et après avec l’enfant. C’est clé en main, génial non ? pendant ce temps la moyenne d’âge de nos patients augmente, curieux non ?
Les infirmières sont les plus en pointe ; j’allais dire les plus avancées 😉; parmi les professions qui vont nous aider à retrouver du « temps médical » avec les IPA. C’est une espèce en voie d’apparition pendant que d’autres s’éteignent. Les consultations de base prenant trop de temps aux généralistes il suffit d’une petite formation accélérée pour les confier aux IPA. Quant aux simples consultations de contrôle chez certains spécialistes mais surtout à l’hôpital elles sont déjà réalisées par des IPA avec réalisation d’examens complémentaires et compte rendu d’interprétation. Comme ça on pourra mieux « suivre » nos patients car c’est très « pédagogique » et c’est pour leur bien…Mais à force de suivre on reste toujours derrière. Mais tout restera sous notre contrôle, c’est l’ordre qui l’a dit.
En plus pour être sûr de ne rien oublier la sécu à créé toutes sortes de réseaux qui appellent nos patients pour vérifier que nos patients sont bien soignés.
On se demande ce qui va rester du cœur de métier. Et on rajoute une 10è année…
Entre des municipales cruciales, une présidentielle incertaine et des législatives compliquées le pouvoir essaie d’imposer des mesures fortes et peu coûteuses alors on veut rétablir les gardes obligatoires. J’ai fait des gardes avec nuit profonnde pendant 20 ans. Depuis qu’il n’y a plus la nuit profonde la mortalité est restée la même. Certains départements n’ont pas de garde en semaine et il n’y a pas plus d’incidents ni d’accident. Maintenant lretards de soins c’est surtout… en journée. Le pouvoir sait très bien que pour envoyer des médecins dans les « déserts médicaux » il faudrait qu’il existe encore des zones surmontées. Personnellement je n’irai nul part car je suis déjà en zone sous dense. Dans mon secteur on a tous plus de 60 ans.
Voilà à mon sens les éléments à travailler pour résister voire empêcher le sort qu’on veut nous faire. La réponse syndicale ne sera pas suffisante car beaucoup oublient et pardonnent tout dans l’isoloir.
Malgré tout cela je continue mon activité et je souhaite bonne chance dans ce combat à médecins pour demain.
Confraternellement.