Auteur/autrice : Marie B

  • Ce qui pourrait se passer pour la médecine libérale si rien ne bouge


    Ce que propose le gouvernement via les négociations conventionnelles :


    Evolution de la tarification :
    RATTRAPAGE de l’inflation (30€) sans
    AUCUNE REVALORISATION, et
    CONDITIONNEE par des contre-parties (augmentation de la patientèle, augmentation du temps de travail…)

    DONC

    Obliger les médecins à faire un choix :

    Diminuer le temps de consultation (car plus de patients, journée de 24h inextensibles)
    Pérennité incertaine des cabinets médicaux : si les médecins priorisent un temps de consultation correct (augmentation charges dues à l’inflation non compensées par l’augmentation de la consultation)
    – Augmenter toujours plus le temps de travail : Risque d’épuisement professionnel

    Face à l’échec de ces « négociations », le ministre de la santé a jugé les médecins d’« IRRESPONSABLES »


    Ce que demande « Médecins pour demain » (en plus de la diminution la charge administrative et de la disparition de certains forfaits non liés aux soins)


    Une REVALORISATION du tarif de la consultation REMBOURSEE

    → Attractivité de la profession
    → Investissement matériel et humain

    CONSEQUENCES

    – Plus de médecins installés / pérennité des cabinets médicaux installés
    Moins de patients sans médecin référent, sans épuiser les médecins s’investissant déjà « au-delà du raisonnable » (54h / semaine en moyenne)
    Rendez-vous plus rapides, moins de risque de perte de chance ou de complication

    EN BREF, UNE MEDECINE DE QUALITE REMBOURSEE

    Refusée en bloc par le gouvernement qui considère cette approche comme un « chèque en blanc«  à des médecins « irresponsables »


    Risque d’évolution en cas de blocage durable des discussions


    1. Départ des médecins libéraux, faute de pouvoir gérer leur cabinet (Augmentation des charges dues à l’inflation, recettes identiques)
    → Baisse de l’offre de soins

    2. Salariat des médecins Bien loin des 54 h / semaine des libéraux 
    → Baisse de l’offre de soins

    3. Baisse de la qualité des soins
    L’augmentation de la cadence de consultation nécessaire à la survie financière des cabinets entrainera une perte de sens
    → Diminution de l’investissement du médecin (burn-out)
    → Diminution de la qualité d’écoute (pré-requis indispensable à toute médecine de qualité)

    4. Déconventionnement
    Liberté pour le médecin de fixer ses tarifs et ses conditions d’exercice.
    Remboursement minime par la sécurité sociale à 0,61 € alors que vous avez cotisé et que vous consultez un médecin diplômé d’état…
    Médecine de qualité mais NON REMBOURSEE

  • Vers des réquisitions des libéraux pour renforcer les équipes hospitalières ?

    L’agence de presse médicale apmnews aurait eu accès à cette fiche ministérielle qui donne aux directions hospitalières les réponses possibles à la carence en soignants dans laquelle l’article 33 la loi Rist (n°2021-502) va mettre l’ensemble des CH français le 3 avril (c’est-à-dire dans moins de 10 jours) : (concernant la limitation des rémunérations des intérimaires)

    1°) Incitations aux recrutements et aux embauches pérennes ou provisoires.

    2°) Poursuite sine die des mesures incitatives para-Plan Blanc en direction des soignants non-hospitaliers pour soutenir l’activité hospitalière.

    3°) Réquisitions de personnels non-hospitaliers, en priorité les intérimaires ou remplaçants connus, à défaut : « les professionnels libéraux » , soit par le préfet par la voie classique en cas d’ « atteinte à la salubrité publique », soit par l’ARS au titre de la « Menace sanitaire » (mais la fiche interprète au contraire les articles réglementaires de type de réquisition sur proposition de l’ARS dans un sens « moins contraignant » : « pas subordonnée à une condition d’urgence »).

    Bien sûr, « Médecins Pour Demain » ne cautionne pas ces réquisitions et rappelle que si les salaires hospitaliers (médecins et paramédicaux) étaient augmentés, si leurs conditions de travail étaient améliorées, (rouvrir des lits, embaucher du personnel médical et paramédical), le personnel ne fuirait plus l’hôpital et il n’y aurait plus besoin d’intérimaires… 

    https://www.apmnews.com/documents/202303221805470.Fiche_sur_les_outils_de_mobilisation_RH.pdf

    https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/79619-bras-de-fer-avec-les-interimaires-les-medecins-liberaux

    Résumé fait par Ephrem Ménager

  • Echec des négociations conventionnelles 2023 – Communiqué de presse

    Médecin Pour Demain prend la mesure de l’échec des négociations, et fait le constat alarmant qu’en raison de l’autoritarisme et de l’absence de volonté de discussion de la part de la CNAM et du gouvernement, le règlement arbitral, conséquence de leur échec, ressemble presque à une bonne nouvelle…

    Paris, le 28/02/2023

    Ce mardi était la date butoir pour la signature de la nouvelle convention tarifaire entre la CNAM et les syndicats représentatifs des médecins libéraux. 

    Médecins Pour Demain remercie la FMF et l’UFML d’avoir invité ses représentants au cours des bilatérales et des plénières, afin de participer à ces négociations.

    Depuis fin 2022, Médecins Pour Demain, rejoint ensuite par les syndicats et organismes représentatifs, alerte sur la crise profonde actuelle de la profession de médecin, garante de l’accessibilité aux soins, et sur le refus par le gouvernement d’envisager les solutions préconisées.

    Après 2 ans de retard suite au COVID, le calendrier des négociations conventionnelles a repris avec Mr FATOME, directeur général de la CNAM. Cependant en transmettant les documents le jour même des entrevues – pourtant nécessaires pour préparer les négociations – , et en écourtant voire abrégeant les rendez-vous avec certains syndicats, nous ne pouvons que conclure à l’absence de réelle volonté de négociations de sa part.

    La convention présentée ne pouvait être acceptée en l’état, puisqu’elle ne permettait pas de soutenir une médecine libérale forte et efficiente, mais risquait de dégrader encore plus, par son contenu, le maintien d’un accès de la population à un médecin. 

    Lensemble des syndicats a donc pris ses responsabilités et décidé de refuser de la signer.

    Cette situation met en exergue les contradictions de la politique gouvernementale de santé qui affirme avoir l’ambition de soigner tous les français sans en donner les moyens aux médecins !

    Le Règlement Arbitral prend donc le relais suite à l’échec des négociations conventionnelles qui devront dorénavant se faire dans le respect d’un réel protocole en préambule aux entrevues. Mme Annick MOREL, désignée conjointement par la CNAM et les syndicats avant les négociations, va devoir proposer d’ici 1 mois une convention provisoire. De nouvelles – espérons de vraies – négociations vont pouvoir avoir lieu dans les 2 prochaines années. Nous croyons en une issue favorable. Notre ténacité sera gagnante.

    Médecins Pour Demain continue à relayer les attentes de la médecine libérale : une médecine tournée vers la qualité des soins et la garantie d’un accès à un médecin pour lensemble des patients.

    Médecins Pour Demain