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  • Nouveau désengagement de l’État dans le domaine de la santé

    7 novembre 2023, adoption par le Sénat de la suppression de l’Aide Médicale d’Etat : nouveau désengagement de nos politiques envers la santé de la population.

    Paris, le 12/11/2023

    Ce 7 novembre dernier, lors de l’examen de la loi « immigration », le Sénat a adopté un amendement visant à supprimer l’Aide Médicale d’Etat (AME), réservée aux étrangers en situation irrégulière, la remplaçant par l’Aide Médicale d’Urgence (AMU), beaucoup plus restrictive.

    Cela fait des mois maintenant que nous nous mobilisons pour sauver notre système de santé, afin de garantir des soins de qualité pour tous. Notre profession est régie par ce serment que nous faisons en fin d’études. Comme Hippocrate disait : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera ». Oui, soigner TOUT LE MONDE, quelque soit sa condition sociale, même les plus démunis, fait partie de notre engagement.

    L’AME créée en 2000, est une grande avancée sur le plan médico-social, et de santé publique. Malheureusement en rognant sur celle-ci, la classe politique souhaiterait user du dévouement des médecins, afin de prodiguer des soins gratuitement.

    En effet, cette suppression lui permettrait, d’une part de se désengager en souhaitant transférer une nouvelle fois la responsabilité de santé des territoires aux médecins ; d’autre part de faire des économies sur le dos des médecins libéraux, mais aussi des hôpitaux, ne pouvant se faire rémunérer pour des prises en charge parfois lourdes et coûteuses.

    Le démantèlement de notre système de santé se poursuit…

  • Le Gouvernement sacrifie les vies des Français sur l’autel de l’équilibre budgétaire

    Le PLFSS pour 2024, soutenu par 49.3, poursuit l’austérité de la politique de santé qui a abouti à l’état de délabrement actuel de notre système de soins. En faisant le choix de privilégier la santé des comptes publics sur celle des Français, le gouvernement risque de perdre sur les deux tableaux en induisant une nouvelle crise sanitaire.

    Paris, le 31 octobre 2023

    Pour la première fois de son histoire, le vendredi 20 octobre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a rejeté ensemble le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et son objectif national de dépenses de l’Assurance Maladie (ONDAM). En usant par deux fois en une semaine de l’article 49.3 de la Constitution, le Gouvernement vient de faire savoir à la représentation nationale que cet ONDAM à 3,2% n’était pas négociable. Mais, par la teneur de ce PLFSS, le gouvernement, qui prétend avoir une démarche de « responsabilité » relative à l’équilibre des comptes publics, prend surtout une lourde responsabilité à l’égard de la santé des Français.

    Tout d’abord parce qu’il a estimé, contre l’avis de nombreuses administrations concernées, un ONDAM qui reste, en pleine inflation, dans la moyenne des précédents depuis plusieurs décennies : cette contrainte purement comptable, sourde aux besoins réels et croissants de soins des Français, a déjà montré, dans une suite d’autres mesures d’austérité (numerus clausus, lois constitutionnelle et organiques de financement de la sécurité sociale, HPST, loi de modernisation du système de santé, loi Santé 2022, etc.) son effet délétère sur notre système de soins. L’hôpital s’effondre ; la France est un désert médical ; mais l’Etat continue obstinément son cap littéralement mortifère.

    Mais cette responsabilité gouvernementale est aggravée par des articles du PLFSS qui, avec le même argument d’économie, vont avoir des conséquences délétères en matière de santé publique. Ainsi de cette obsession suspecte des arrêts de travail, dont les prescripteurs sont l’objet d’une campagne de contrôle, alors même que leur augmentation généralisée, donc systémique, est due en premier lieu à des managements pathogènes, puis à la pénurie de soignants elle-même qui allonge les délais de prises en charge spécialisées. Avec l’article 27 du PLFSS, le patient pourra voir ses indemnités journalières coupées instantanément sans avoir le temps de demander un recours, dès que le médecin contrôleur mandaté par l’employeur aura estimé injustifié ou excessif l’arrêt de travail prescrit par le médecin traitant connaissant le malade. On peut imaginer les conséquences : dans le cas de troubles anxio-dépressifs « psycho-sociaux », l’arrêt de travail est souvent la seule protection de l’employé avant une déclaration d’inaptitude, et la principale prévention de son suicide. Rappelons-nous de l’hécatombe à France Telecom il y a 15 ans.

    Même si elle est déjà sensible, on ne peut encore prédire le niveau de la surmortalité qu’induira cette carence de moyens, par retards de diagnostics et de traitements, par défaillances des urgences, mais ces morts évitables seront certainement vécues plus scandaleusement par les Français que celles du COVID. Alors que la gabegie de la gestion de notre système sanitaire par une sur-administration est dénoncée régulièrement par la Cour des Comptes, ce gouvernement sera plus coupable que ses prédécesseurs de ces décès par défaut d’investissements adaptés aux besoins de soins des Français, parce qu’il l’aura décidé en pleine connaissance de ses effets désastreux sur leur santé.

  • Réponse de Médecins Pour Demain au Ministre Thomas Cazenave qui est intervenu sur France Inter le 27/10/2023

    Paris, le 27 octobre 2023
    Réponse à l’intervention de Thomas Cazenave sur France Inter

    Monsieur le Ministre,

    J’ai écouté soigneusement votre intervention de ce matin à France Inter, et je ne peux que m’inscrire en faux sur la consommation des médicaments en France. La France est actuellement dans la moyenne européenne (UE 15) pour ce qui est de la consommation de médicaments (1,6% du PIB, pour une moyenne à 1,3%, et 1,8% en Allemagne, pays auquel on se compare souvent).

    La dépense des ménages est, par contre, parmi les plus basses en Europe, l’Etat prenant en charge 82% des dépenses (comme l’Allemagne), contre 71% pour la moyenne européenne (UE 15).

    Je vous rappelle que la consommation d’antibiotiques est passée (en doses définies journalières / 1000 habitants / jour) de 36,2 en 2000, à 18,1 en 2020 (18,9 en 2021), soit une diminution de moitié !

    Enfin, sur les 35 milliards de dépenses, c’est le poste des prescriptions hospitalières exécutées en ville (PHEV) qui pose problème, représentant plus de 40% du total, en hausse de 9,7% entre 2021 et 2020, notamment en raison de traitements coûteux prix en charge à 100% par la Sécurité Sociale.

    La problématique du médicament concerne donc essentiellement les médicaments innovants, vendus à des tarifs bien souvent excessifs, et lutter contre ce poste nécessiterait une coordination à l’échelle européenne afin de maîtriser les coûts, tant par une mutualisation des achats que par un poids plus élevé dans la négociation des tarifs auprès de l’industrie pharmaceutique

    Très respectueusement

    Benoit Coulon, vice-président de Médecins Pour Demain

    L’intervention du Ministre est disponible ici.