Auteur/autrice : Marie B

  • Communiqué aux membres

    Depuis plusieurs semaines maintenant, de nombreux collectifs de médecins, conventionnés secteur 1, se créent partout en France, prônant des dépassements d’honoraires devant le refus de la CNAM et du gouvernement d’investir dans la médecine de ville.

    Médecins Pour Demain est né de la même manière, collectif initialement, ayant évolué vers le statut d’association. Nous gardons depuis le début cet esprit qui nous a construit : fédérer tous les médecins libéraux de France afin de défendre leur profession menacée.

    Les maîtres mots de Médecins Pour Demain ont toujours été :

    – ATTRACTIVITÉ pour la médecine de ville

    – QUALITE DES SOINS pour les patients.


    Médecins Pour Demain comprend ce désir de revalorisation immédiate, toutefois nous rappelons que nous réclamons la CONSULTATION À 50 EUROS.
    Ce choc d’attractivité doit permettre aux médecins d’investir dans leur activité (matériels, secrétariat, etc). 30 euros ne correspond qu’au montant mathématique qui devrait déjà s’appliquer aujourd’hui, si nos honoraires avaient été constamment réévalués par rapport à l’inflation.

    Le système de santé français est à bout de souffle du fait des décisions politiques prises depuis trente ans et aujourd’hui encore (PPL Valletoux, loi RIST, etc), nous poussant vers un système de santé à 2 vitesses.
    Nous devons retrouver un système basé sur la solidarité nationale et l’équité, tel que la Sécurité Sociale a été crée après la deuxième guerre mondiale, un système fondé POUR les français AVEC les soignants et SANS les financiers.

  • Appel à la grève pour les Médecins libéraux le 9 Juin 2023

    Médecins Pour Demain appelle une fois de plus à la grève le 9 Juin prochain contre la PPL (Proposition de Loi) Valletoux. Cette PPL transpartisane est un coup de massue de plus sur les médecins libéraux, traduisant toujours la volonté de coercition des politiques sur la médecine de ville.

    Paris, le 5 juin 2023,

    La Proposition de Loi VALLETOUX, agrémentée ce jeudi par des amendements du député GAROT, met une fois de plus le feu aux poudres, arrivant dans un contexte déjà tendu entre l’état et les médecins libéraux.
    Par ce texte, M. VALLETOUX et ses co-signataires proposent une loi creuse et démagogique faisant une nouvelle fois porter le poids de la carence du système de santé français sur le peu de médecins libéraux qui persistent à vouloir travailler dans cet exercice :

    – Renforcement de l’administratif (qui pourtant, ils l’admettent, est trop lourd en France)
    – Automatisation de l’adhésion des médecins libéraux à une CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé, association 1901), les forçant à faire connaître leur refus le cas échéant.
    – Délégation de la responsabilité de l’état de la santé des territoires aux médecins, sans leur en donner les moyens. C’est pourtant la politique de ces 30 dernières années qui en est responsable ! De là à penser que le médecin libéral doit être le fusible qui fondra avec le système, il n’y a qu’un pas !
    – Obligation de la PDSA (Permanence Des Soins Ambulatoires) : PDSA qui est pourtant très efficiente actuellement en France.
    – Interdiction de l’intérim médical et des remplacements en libéral au delà de 4 ans aux jeunes médecins.
    – Régulation à l’installation des médecins libéraux, pourtant les soignants les mieux répartis en France.
    – Attirer les médecins et soignants hors UE. Proposition insolente. La priorité n’est-elle pas avant tout de garder les médecins formés et d’éviter les fuites de cerveaux que l’on connaît déjà dans d’autres domaines ?

    Nous souhaitons interpeller les politiques au sujet de l’état réanimatoire de la médecine de ville actuel. Arrêtons d’ajouter de la contrainte à un exercice médical qui en porte déjà beaucoup aujourd’hui ! Pour faire fuir le peu de médecins de ville qui existe encore, on ne pourrait pas mieux s’y prendre.
    Cette PPL fait un pas de plus vers la médecine à 2 vitesses (médecine low cost versus médecine déconventionnée) et l’inégalité d’accès aux soins pour les Français.

    LA SOLUTION est de rendre plus ATTRACTIF notre métier, et non pas l’inverse. A bon entendeur !

  • Communiqué de Presse : Le Monde, le 26 mai 2023 : « Proposition de loi Valletoux : le coup de grâce de l’administratif à la médecine libérale ».

    Le communiqué de presse est à lire ici : Proposition de loi Valletoux : le coup de grâce de la médecine libérale

    La proposition de loi 1115 visant à « améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels », portée par le député « Horizons » Frédéric Valletoux et soutenue par la majorité présidentielle (Renaissance), sera présentée la semaine du 12 juin à l’Assemblée Nationale. Cette loi vise notamment à « responsabiliser » les professionnels de santé dans l’application des politiques d’intérêt général, comme la permanence des soins, la prévention et l’équilibre de l’offre de soins territoriale.

    On aurait pu croire, en lisant la présentation du projet de loi, à une miraculeuse prise de conscience du politique sur le « fonctionnement de notre système de santé complexe, suradministré et historiquement trop centralisé. »

    On se prenait à espérer qu’on acterait l’échec des ARS, tétanisées pendant la crise covid, incapables d’organiser l’offre de soins de façon pragmatique depuis leurs tableaux Excel. Elles qui devaient « coordonner les activités, réguler, orienter et organiser l’offre de services en santé ». On rêvait d’une gouvernance décidée par et pour les professionnels de santé en fonction des besoins de chaque territoire. On aurait redonné ses compétences au préfet, et l’expertise ainsi que les moyens aux soignants.

    Que nenni ! C’est d’ailleurs M. Valletoux qui le dit !

    « Ce n’est pas cette proposition de loi qui va supprimer le trop de bureaucratie ou qui va valider une demande de meilleure reconnaissance financière de l’acte » Egora, 10/05/23

    En effet, c’est même tout le contraire : nous n’aurons pas un mais deux étages administratifs supplémentaires selon l’article 1 :

    – le Conseil Territorial de Santé, au sein duquel les soignants seront minoritaires, si utile que personne n’en a entendu parler depuis sa création en 2016 par l’ARS !

    – les CPTS : associations financées sur objectifs par l’assurance maladie, exclusivement dédiées à la coordination : pas un centime pour le soin !

    Pire encore, l’article 1 entérine le concept de « responsabilité collective » : Les soignants seront donc « responsables » de l’état de santé de la population, de la permanence et de la continuité des soins et de la répartition de l’offre de soins sur le territoire. Libre donc aux politiques irresponsables et à leurs relais administratifs de réduire toujours plus les moyens alloués à l’hôpital comme à la ville : ils ne seront plus responsables des suppressions d’équipes, des fermetures de lits, de services d’urgence ou de maternité, de leur incapacité à adapter les capacités de formations selon les besoins populationnels et de la disparition progressive des libéraux corvéables à merci.

    Comme si cela ne suffisait pas, l’Article 3 rendrait « automatique » l’adhésion des soignants conventionnés aux CPTS, associations loi 1901. Est-ce constitutionnel ? Est-ce déontologique ? L’obligation d’adhésion à une association ne va-t-elle pas à l’encontre de l’article R-4127.5 du Code de Santé Publique qui précise que « le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit » ?

    L’article 4 « vise à rendre effective la participation obligatoire à la permanence des soins pour tous ». C’est oublier que 96% des territoires sont couverts par la permanence des soins malgré l’absence de repos compensateur pour les libéraux. Si la part des généralistes participant au dispositif diminue, la mise en place de sites dédiés ne fait qu’augmenter, certains en faisant une activité quasi exclusive. A l’heure où un tiers de la profession a plus de 60 ans, il semble irresponsable d’imposer des gardes sans repos compensateur à nos aînés ! L’obligation de participation n’aura que l’effet pervers de rendre la médecine libérale encore moins attractive. Qu’importe pour M. Valletoux pour qui « L’attractivité de la profession ne passe pas par moins de contraintes et moins d’exigences ».

    Peut-être veut-on nous obliger à participer au sacro-saint Service d’Accès aux Soins (SAS) cher au ministère ? Le principe : vous enlevez un médecin de son cabinet pour lui demander de répondre au téléphone, en journée, à des patients à qui on proposera des créneaux chez un médecin différent du leur qui est lui-même obligé de bloquer des créneaux pour d’autres patients que les siens alors qu’il en manque déjà pour ses propres patients qui devront donc faire le 15 pour joindre le SAS pour trouver un rendez-vous ! Vous n’avez rien compris ? Nous non plus. C’est pourtant la solution miracle du gouvernement. Un échec total en région test, mais qu’importe : il faut le déployer, quoi qu’il en coûte !

    Que penser enfin, de l’article 7 qui ne fera qu’empirer les conséquences de la loi RIST 1 sur l’intérim. Non content d’avoir provoqué la fermeture de dizaines de service en avril, le politique propose d’interdire l’intérim aux jeunes diplômés : un comble en période de pénurie ! Les jeunes qui étaient prêts à travailler plus en faisant des centaines de kilomètres afin de répondre à une carence grave en personnel (au hasard, un anesthésiste en maternité) seront priés de rester chez eux. Que dire des propos du député VALLETOUX qui affirme que « quand on s’engage dans les études de médecine, on est là encore accompagné par la collectivité nationale… », oubliant au passage que l’état économise 74 000 à 140 000 euros lors de la formation d’un interne payé 2000 euros par mois en dépassant trop souvent les 48h par semaine au mépris de la réglementation européenne ?

    Vous connaissez probablement la métaphore du management à la française : on a supprimé un à un les soignants qui ramaient ensemble pour faire avancer l’aviron de la santé, pour recruter sur le rivage, bien au sec, des ministres, directeurs, coordinateurs, vice-présidents qui nous expliquent désormais comment mieux ramer sans soignants, avec une seule rame et un bateau qui fuit.

    Peu importe, les rameurs seront bientôt tenus responsables du naufrage.

    Sources :

    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1175_proposition-loi

    https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/ analyse_etude/1uhurvh/cnom_rapport_pdsa_2021.pdf

    https://www.egora.fr/actus-pro/politique/80347-les-medecins-liberaux-ne-peuvent-pas- toujours-etre-dans-le-refus-de-tout

    https://www.legeneraliste.fr/actu-pro/politique-de-sante/les-propositions-des-syndicats- ne-sont-pas-la-hauteur-des-defis-majeurs-du-pays