Auteur/autrice : Marie B

  • Communiqué de presse du 24/07/2023

    DÉSERT LE 24/07/2023

    Vive les vacances,

    Juillet et août sont des mois propices aux vacances. Vacances pour des millions de français, grandes migrations vers des lieux de villégiatures, de repos, de silence et de calme.

    Chacun va chercher son petit coin de paradis, son petit désert et cela tombe bien puisque 84 % du territoire français est un désert. Désert médical certes, mais désert tout de même.

    Il n’existe pas de zones surdotées en médecins libéraux et pourtant certaines personnes essayent de vous faire croire l’inverse. 84 % du territoire est un désert médical c’est à dire que seul 16 % du territoire offre un accès à un médecin libéral de manière satisfaisante.

    Juillet et août, période estivale, période de vacances pour beaucoup. Repos, soleil, calme pour certains et pathologies estivales pour d’autres. Que cela ne vous effraye pas pour autant car 96 % du territoire sera couvert par la permanence de soins.

    L’engagement des médecins libéraux est exceptionnel et remarquable puisque malgré un désert médical couvrant 84 % du territoire français, la quasi totalité de la permanence de soin est assurée, été comme hiver, du lundi au dimanche, de jour comme de nuit. Le courage et l’engagement des médecins libéraux tout au long de l’année ne sont pas juste des mots mais un état de fait.

    L’activité du médecin libéral est variée. Elle permet de gérer 96% des urgences en amont de l’hôpital et évite dans 90 % des cas un passage aux urgences.

    Et pourtant, on essaye encore de faire croire aux français que les médecins libéraux ne travaillent pas suffisamment, qu’ils ne sont pas assez présents, pas assez disponibles, pas assez actifs et qu’il faudrait qu’ils fassent encore plus.
    Quelle autre profession peut annoncer que 30 % de ses actifs ont plus de 60 ans ? Oui, 30 % des médecins ont actuellement plus de 60 ans. Ces mêmes médecins travaillent entre 50 et 60 heures par semaine, assurent les permanences de soins comme 40 % de leurs confrères et assureront sans repos compensateur leurs consultations après leur garde afin de vous offrir un accès aux soins satisfaisant.

    Surmenage, burn out et suicides…. sont le lot de plus de 50 % des médecins. Si vous avez encore la chance d’avoir un médecin, sachez qu’il a près de 3 fois plus de risques de se suicider que la moyenne nationale et avec un suicide d’interne tous les 18 jours, cela va compliquer un peu plus votre prise en charge cet été. Quoi de plus logique ? Assurer des soins à ses patients plus de 55 heures par semaine sur un territoire qui est un désert médical à hauteur de 84 %, faire que 96 % des permanences de soins soient assurées, cela épuise, cela détruit, cela fait fuir et cela tue.

    Et pourtant, le médecin libéral est toujours là, toujours présent et prêt à se donner au-delà de ses forces mais pour combien de temps encore ?

    MÉDECINS POUR DEMAIN

  • Communiqué de presse, 20/07/2023 : suite à la nomination du nouveau Ministre de la Santé

    Paris, le 20 juillet 2023

    Monsieur le Ministre,

    Tout d’abord, nous tenons à vous féliciter pour votre nomination au poste de Ministre de la Santé, et nous vous encourageons pour cette lourde tâche qui vous incombe. Ce poste, dans l’Histoire, n’a jamais été une préoccupation majeure de nos hommes politiques, depuis le président du Conseil Georges CLEMENCEAU qui dût gérer en pleine grippe espagnole les huit départements éparpillés dans autant de ministères différents, jusqu’à une période plus récente (il n’y avait même pas de conseiller santé à Matignon en 1985…).

    De nos jours, la Santé apparaît toujours comme une terre étrangère, une inconnue qui rebute nos hommes politiques, n’y voyant le plus souvent qu’un budget à limiter, à raboter même, sans qu’aucune vision claire ne soit définie !

    Aurez-vous, Monsieur le Ministre, la clairvoyance d’un Émile LITTRÉ qui, dès 1859, plaidait pour un ministère de l’hygiène, de l’assistance et de la prévoyance sociale, soit une vision humaniste de la santé, ou vous limiterez-vous à une vision technocratique ?

    Nous ne cachons pas nos inquiétudes quant à cette dérive volontaire du gouvernement de technocratiser la politique, loin de la France de terrain. Nous espérons cependant que, Monsieur le ministre, vous saurez être à l’écoute. Médecins Pour Demain, fort de ses 18 000 membres sur Facebook et près de 4000 adhérents à son association, sollicite un entretien pour vous faire part du mal-être ambiant et de nos propositions pour améliorer l’accès au soins sans rogner sur la qualité de la médecine libérale.

    Sachez que Médecins pour Demain porte une ambition pour la Santé, celle d’une médecine à la française, louée autrefois pour sa très grande qualité, qualité que l’on souhaite au cœur d’un débat sur la nécessaire rénovation d’un système à bout de souffle ! Nous rappelons notre attachement à une consultation longue, nécessaire réponse à une médecine qui se complexifie sans cesse, et source tout à la fois de meilleure qualité de vie et d’économies pour le pays, chiffrées à près de 36 milliards d’euros d’ici 2060 ! (d’après France Stratégie, les déterminants de long terme des dépenses de santé, 07/2017)

    Les médecins, loin d’être les corporatistes que l’on décrit ça et là, sont des hommes et des femmes dévoués à leur tâche, et qui ne demandent, au fond, qu’une seule chose : être valorisés dans leur métier, se sentir à nouveau utiles au lieu d’être injustement décriés, en un mot retrouver l’humanisme qui nous habite tous en lieu et place du stakhanovisme prôné par nos institutions !

    Très respectueusement,

  • Communiqué de presse – Appel à une grève illimitée à partir du 13 octobre 2023

    La proposition de loi Valletoux a été adoptée en fin de semaine dernière. Médecins Pour Demain en prend acte.

    Paris, le 20 juin 2023,

    Ces derniers jours ont de nouveau provoqué une levée de boucliers de la part de la communauté médicale devant le passage à l’Assemblée Nationale de la proposition de loi VALLETOUX.

    Cette proposition de loi est creuse et démagogique, ajoutant de l’administratif et de la coercition là où les médecins en demandent moins. L’incitation à l’adhésion aux CPTS ressemble étrangement au CET refusé par les syndicats lors des dernières négociations conventionnelles. Par ailleurs, l’instauration d’une notion de participation et responsabilité collective pour la permanence des soins doit être précisée : les médecins déjà épuisés dans les déserts seront-ils tenus d’assurer des lignes de gardes complètes ? Impossible, inacceptable.

    Il est heureux que certaines propositions d’amendements coercitives aient été retoquées. Nous entendons nos détracteurs s’insurger contre cette « occasion manquée » parlementaire. Ne devraient-ils pas prendre du recul et observer leur contradiction : « les problèmes de pénurie de médecins (…) sont posés depuis plus de vingt ans », « l’encadrement à l’installation » serait donc la solution (?).
    Par quelle démonstration mathématique peut-on leur prouver leurs inepties ?!

    La France manque de médecins du fait d’une mauvaise politique depuis plus de trente ans. La profession médicale est pourtant la mieux répartie en France parmi toutes les professions de soignants. Les députés favorables à cette proposition pourraient en venir à déshabiller eux- même leurs circonscriptions qu’ils considèrent pourtant en carence.

    Malgré la mobilisation sans précédent de la communauté médicale, les politiques font la sourde oreille. L’urgence est d’attirer de nouveaux médecins et de maintenir ceux en activité, plutôt que de les faire fuir. A ce titre, Médecins Pour Demain rappelle ses propositions phares : consultation à 50 euros à hauteur de la moyenne européenne, revalorisation du forfait médecin traitant et suppression des rémunérations sur objectifs.

    Nous remercions tous les syndicats de médecins libéraux, associations, collectifs, médecins qui se sont mobilisés et se mobilisent encore aujourd’hui pour défendre l’accès aux soins des patients et notre profession.

    Dans ce contexte, Médecins Pour Demain se joint donc aux syndicats appelant à une grève illimitée cet automne, à compter du 13 octobre 2023.

    Pour rappel, un récapitulatif du vote de la loi VALLETOUX à l’Assemblée Nationale :

    1/ Article 1 :
    Disparition de la notion de professionnel de santé LIBÉRAL dans la composition des Conseils Territoriaux de Santé. Le CTS amène les soignants à régler les problèmes de santé publique et d’offre de soins d’un territoire.

    2/ Article 3 :
    Adhésion systématique au CPTS si médecin conventionné, mais on a le droit d’en sortir ! (toujours des imprécisions sur un éventuel effet sur le conventionnement !)

    3/ Article 4 :
    Permanence Des Soins dans les Etablissements soumis possiblement au contrôle des directeurs d’ARS.

    4/ Nouvel article :
    Modification de la législation des PDSA (Permanences Des Soins Ambulatoires) (amendement GAROT-VIGIER). Tous les professionnels médicaux PARTICIPENT et sont responsables collectivement de la PDS. Qu’en est-il des zones en manque cruel de soignants ? Les soignants devront-ils maintenir un planning de garde coûte que coûte (qu’ils soient 3 ou 50) ?

    5/ Article 7 :
    Interdiction de l’intérim aux jeunes diplômés en santé et socio-éducatifs. Autorisation dérogatoire pour les statuts d’étudiants de santé