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  • Réponse à M. Le Maire concernant les arrêts de travail

    Paris, le jeudi 22 Juin 2023

    ASSISES DES FINANCES PUBLIQUES DU LUNDI 19 JUIN : ET SI VOUS REVENIEZ DANS LE RÉEL, MONSIEUR LE MAIRE ? LA SANTÉ NE SE RÉSUME PAS À UNE LIGNE COMPTABLE !

    Comment peut–on raisonner de manière aussi simpliste quand il s’agit de la Santé ? Comment peut–on se baser sur des lignes statistiques sans regarder les problèmes au fond ? Est–ce pour répondre au discours ambiant concernant l’augmentation des « arrêts de travail de complaisance », dont le sociologue Denis Monneuse dit qu’il s’agit là d’un « cliché commun » !?

    Les augmentations de durée des arrêts de travail sont essentiellement dues à la carence de notre système de santé qui ne cesse de s’accroître. Les médecins font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont ! Les délais de consultations, pour avoir accès à un examen, un spécialiste ou encore à un médecin du travail se rallongent tous les mois. Comment pouvez-vous obliger (par suppression de leurs IJ) des patients à reprendre leur travail alors même qu’ils pâtissent également du système ?

    Le dernier panorama de décembre 2022 dressé par l’étude Epicov de l’INSERM recense 17% d’états dépressifs (+7%), 24% de signes anxieux (+11%), 69% de troubles du sommeil (+19%), 10% d’idées suicidaires (+5,5%). L’épidémie de COVID a laissé des traces, plus particulièrement psychologiques, ce qui a mécaniquement entraîné des arrêts de travail en augmentation, ainsi que des médications psychotropes pour traiter ces pathologies ! Ces augmentations sont un phénomène plus qu’inquiétant, avec l’explosion des dépressions notamment chez les enfants !

    Par ailleurs, l’arrêt du masque en 2022 a conduit à un retour des épidémies et donc à une augmentation mécanique des arrêts de travail notamment, dans ce dernier cas, de courte durée.

    Enfin, nous rappellerons ici que 43,4% des arrêts de travail sont dûs à des troubles musculo-squelettiques ou à des problématiques de stress au travail (pour 22%, en hausse de 4 points !) (2), donc en lien direct avec les conditions de travail en entreprise…

    D’après notre Ministre, nous devrions donc stopper les arrêts de travail, estimant qu’ils seraient « de confort » ! Comment peut–on être à ce point dans l’absence de tout raisonnement un tant soit peu construit ?

    Médecins pour Demain rappelle sa proposition d’auto-déclaration des arrêts de travail de 3 jours ou moins, libérant ainsi du temps médical aux médecins, si précieux en ces temps de pénurie. D’ailleurs, le Portugal vient de prendre cette décision de bon sens, montrant ainsi que c’est tout à fait possible !

    (1) : Mission « Flash » sur le financement de la psychiatrie, 6/02/2019, Martine Wonner, Assemblée Nationale
    (2) : Datascope, Axa, mai 2023

  • Communiqué de presse – Appel à une grève illimitée à partir du 13 octobre 2023

    La proposition de loi Valletoux a été adoptée en fin de semaine dernière. Médecins Pour Demain en prend acte.

    Paris, le 20 juin 2023,

    Ces derniers jours ont de nouveau provoqué une levée de boucliers de la part de la communauté médicale devant le passage à l’Assemblée Nationale de la proposition de loi VALLETOUX.

    Cette proposition de loi est creuse et démagogique, ajoutant de l’administratif et de la coercition là où les médecins en demandent moins. L’incitation à l’adhésion aux CPTS ressemble étrangement au CET refusé par les syndicats lors des dernières négociations conventionnelles. Par ailleurs, l’instauration d’une notion de participation et responsabilité collective pour la permanence des soins doit être précisée : les médecins déjà épuisés dans les déserts seront-ils tenus d’assurer des lignes de gardes complètes ? Impossible, inacceptable.

    Il est heureux que certaines propositions d’amendements coercitives aient été retoquées. Nous entendons nos détracteurs s’insurger contre cette « occasion manquée » parlementaire. Ne devraient-ils pas prendre du recul et observer leur contradiction : « les problèmes de pénurie de médecins (…) sont posés depuis plus de vingt ans », « l’encadrement à l’installation » serait donc la solution (?).
    Par quelle démonstration mathématique peut-on leur prouver leurs inepties ?!

    La France manque de médecins du fait d’une mauvaise politique depuis plus de trente ans. La profession médicale est pourtant la mieux répartie en France parmi toutes les professions de soignants. Les députés favorables à cette proposition pourraient en venir à déshabiller eux- même leurs circonscriptions qu’ils considèrent pourtant en carence.

    Malgré la mobilisation sans précédent de la communauté médicale, les politiques font la sourde oreille. L’urgence est d’attirer de nouveaux médecins et de maintenir ceux en activité, plutôt que de les faire fuir. A ce titre, Médecins Pour Demain rappelle ses propositions phares : consultation à 50 euros à hauteur de la moyenne européenne, revalorisation du forfait médecin traitant et suppression des rémunérations sur objectifs.

    Nous remercions tous les syndicats de médecins libéraux, associations, collectifs, médecins qui se sont mobilisés et se mobilisent encore aujourd’hui pour défendre l’accès aux soins des patients et notre profession.

    Dans ce contexte, Médecins Pour Demain se joint donc aux syndicats appelant à une grève illimitée cet automne, à compter du 13 octobre 2023.

    Pour rappel, un récapitulatif du vote de la loi VALLETOUX à l’Assemblée Nationale :

    1/ Article 1 :
    Disparition de la notion de professionnel de santé LIBÉRAL dans la composition des Conseils Territoriaux de Santé. Le CTS amène les soignants à régler les problèmes de santé publique et d’offre de soins d’un territoire.

    2/ Article 3 :
    Adhésion systématique au CPTS si médecin conventionné, mais on a le droit d’en sortir ! (toujours des imprécisions sur un éventuel effet sur le conventionnement !)

    3/ Article 4 :
    Permanence Des Soins dans les Etablissements soumis possiblement au contrôle des directeurs d’ARS.

    4/ Nouvel article :
    Modification de la législation des PDSA (Permanences Des Soins Ambulatoires) (amendement GAROT-VIGIER). Tous les professionnels médicaux PARTICIPENT et sont responsables collectivement de la PDS. Qu’en est-il des zones en manque cruel de soignants ? Les soignants devront-ils maintenir un planning de garde coûte que coûte (qu’ils soient 3 ou 50) ?

    5/ Article 7 :
    Interdiction de l’intérim aux jeunes diplômés en santé et socio-éducatifs. Autorisation dérogatoire pour les statuts d’étudiants de santé

  • Communiqué aux membres

    Depuis plusieurs semaines maintenant, de nombreux collectifs de médecins, conventionnés secteur 1, se créent partout en France, prônant des dépassements d’honoraires devant le refus de la CNAM et du gouvernement d’investir dans la médecine de ville.

    Médecins Pour Demain est né de la même manière, collectif initialement, ayant évolué vers le statut d’association. Nous gardons depuis le début cet esprit qui nous a construit : fédérer tous les médecins libéraux de France afin de défendre leur profession menacée.

    Les maîtres mots de Médecins Pour Demain ont toujours été :

    – ATTRACTIVITÉ pour la médecine de ville

    – QUALITE DES SOINS pour les patients.


    Médecins Pour Demain comprend ce désir de revalorisation immédiate, toutefois nous rappelons que nous réclamons la CONSULTATION À 50 EUROS.
    Ce choc d’attractivité doit permettre aux médecins d’investir dans leur activité (matériels, secrétariat, etc). 30 euros ne correspond qu’au montant mathématique qui devrait déjà s’appliquer aujourd’hui, si nos honoraires avaient été constamment réévalués par rapport à l’inflation.

    Le système de santé français est à bout de souffle du fait des décisions politiques prises depuis trente ans et aujourd’hui encore (PPL Valletoux, loi RIST, etc), nous poussant vers un système de santé à 2 vitesses.
    Nous devons retrouver un système basé sur la solidarité nationale et l’équité, tel que la Sécurité Sociale a été crée après la deuxième guerre mondiale, un système fondé POUR les français AVEC les soignants et SANS les financiers.