Étiquette : politique

  • Tribune : Halte au Médecins-Bashing : quand la stigmatisation tue la vocation

    À toutes celles et tous ceux qui pointent du doigt les médecins, les accusant d’être des privilégiés déconnectés.

    À celles et ceux qui voudraient imposer aux étudiants en médecine quelques années de service forcé dans les territoires en souffrance, comme une dette à solder.

    À celles et ceux qui sombrent dans le médecin-bashing, jusqu’au populisme le plus caricatural…

    Nous leur opposons une vérité simple : sans médecins, il n’y a pas de soin. Et sans respect, il n’y aura bientôt plus de médecins.

    Ces mêmes médecins qu’on applaudissait depuis les balcons pendant la crise de la Covid, ont fait face, sans protection, sans certitude, avec pour seule boussole le serment qu’ils avaient prêté. Ils ont tenu, souvent au péril de leur santé, parfois de leur vie. Ils n’ont pas fui. Ils ont soigné.

    Et aujourd’hui encore, ce sont eux qui tiennent debout un système à bout de souffle. 50 heures de travail hebdomadaire en moyenne, dont 20 % consacrés à une administration pesante, éloignée du soin. Ils cumulent les casquettes, sacrifient leur temps, leur énergie, souvent leur vie personnelle, pour une mission : soigner.

    Mais jusqu’à quand tiendront-ils ?

    La stigmatisation commence tôt. Dès les bancs de la fac. Nos étudiants en médecine traversent un des cursus les plus longs et les plus exigeants de l’enseignement supérieur. Dix années d’étude, de stages mal rémunérés, de déplacements à leurs frais dans des hôpitaux éloignés, de gardes nombreuses, d’heures innombrables. Tout cela pour, au final, être jugés coupables de ne pas assez sacrifier. Coupables de ne pas assez donner. Coupables d’être là, tout simplement.

    Leur engagement, pourtant, est total. Et leur détresse est réelle. Plus de la moitié d’entre eux sont en situation de burn-out. Le taux de suicide chez les étudiants en médecine est l’un des plus élevés de la population étudiante. Et malgré cela, ils avancent. Ils s’accrochent. Ils espèrent.

    Quant aux médecins libéraux, il est bon de rappeler qu’ils exercent sans aucune des protections sociales classiques. Pas de congés payés, pas d’indemnités maladie, pas de couverture chômage. Et pourtant, eux aussi sont en première ligne.

    Enfin, disons-le clairement : la gratuité des études médicales est une chance pour notre pays. Elle garantit que l’accès à la médecine reste ouvert à tous les talents, quels que soient leur parcours ou leur origine sociale. C’est une condition fondamentale d’égalité et de diversité au service de l’intérêt général.

    Alors oui, il faut dire stop. Stop aux caricatures. Stop aux procès en paresse, en égoïsme, en insensibilité.

    Car à force de mépris, c’est toute une génération que l’on détourne de l’engagement.

    À force d’exigences injustes, c’est une profession entière que l’on pousse à tourner le dos à l’hôpital, à l’installation, ou tout simplement à la médecine.

    Il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Mais il faut commencer par dire les choses : les médecins ne fuient pas leur mission. Ils fuient l’humiliation.
    Et ce n’est pas en les accablant qu’on sauvera notre système de santé. C’est en les soutenant.

  • Le 7 mai 2025 : un pas de plus vers la désaffection de la médecine libérale…

    Le soir du 7 mai, dans une assemblée désertique, la loi Garot a été votée :

    ✅ régulation à l’installation : déjà votée
    ✅ abolition des majorations pour les patients sans MT : adoptée
    ✅ 1ere année dans chaque département : adoptée
    PDSA obligatoire pour toutes les spécialités libérales et salariées y compris les secteurs 3 : adoptée
    À noter que la PDSA concerne votre spécialité, dans les horaires PDSA habituels de votre secteur. Les gardes en nuit profonde n’ont pas été rétablies pour le moment.

    Les amendements n’ont pas été repris :
    ❌ remplacements limités à 4 ans : abandonné
    ❌ interdiction de revendre sa patientèle : abandonné

    99 députés pour et 9 contre la loi.
    Quid de la démocratie ?
    16,6 % des députés ont adopté une PPL concernant la majorité des Français.

    En une seule loi, on détourne les jeunes du soin (coercition) et on pousse les plus âgés vers la sortie (PDSA)

    Le combat continue. 💪🏼
    La PPL devra passer au Sénat (aucune date connue).
    Elle peut tout à fait se perdre dans les méandres législatifs puisque le gouvernement n’y est pas favorable et que le Sénat a un autre projet de loi légèrement moins coercitif.

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  • Communiqué de presse inter syndical : poursuite de la grève jusqu’au retrait de toute mesure coercitive. (et vidéos de la manif !)

    Le 29 avril 2025

    Depuis le lundi 28 avril plus de 15.000 internes se sont déclarés grévistes en France, soit 1 interne sur 2 !

    De nombreux médecins et futurs médecins se sont mobilisés dans la rue partout en France.

    Sur tout le territoire des médecins sont assignés ou réquisitionnés pour assurer la permanence des soins pour donner suite à l’appel à la grève des syndicats de médecins.

    Ensemble, les étudiants en médecine, internes et médecins se sont réunis dans toutes les grandes villes de France pour dénoncer la proposition de loi n°966 portées par le député Guillaume Garot.

    Cette proposition de loi favorisant la contrainte plutôt que le soutien sera délétère pour l’accès aux soins en ajoutant une contrainte de plus à l’exercice médical ambulatoire.

    Alors qu’ils alertent depuis des décennies sur le manque de moyens pour la santé et la pénurie criante de médecins, cette loi acte la fin de la liberté d’installation et le rétablissement des gardes obligatoires. Elle portera ainsi le coup de grâce à la médecine de ville.

    A la suite de la manifestation, les représentants des étudiants, internes et jeunes médecins ont été reçus au ministère de la Santé et de l’Accès aux soins par le ministre Yannick Neuder qui a rappelé son opposition à toute mesure coercitive. Une méthode de travail commun autour du plan d’action annoncé par le premier ministre va débuter, afin de co-construire des solutions justes, pragmatiques et pertinentes pour la population.

    Celles-ci devront s’appuyer sur la valorisation de l’engagement volontaire, et non sur l’obligation et la contrainte.

    L’ensemble de la profession, étudiants, jeunes et seniors, appelle désormais les députés et les sénateurs à rejeter tout texte mettant fin à la liberté d’installation.

    Le mouvement de grève se poursuivra jusqu’au retrait de la proposition de loi Garot.

    Les médecins, en première ligne de l’accès aux soins en France au côté des autres soignants, ne tolèreront plus ces réformes insensées et délétères !

    Nous appelons donc à la poursuite de la grève et des actions en cours jusqu’au retrait de toute mesure coercitive.

    Voici nos vidéos de la grève du 29 avril 2025 :

    Version courte :

    Version longue :

    Et pour Rappel :

    ⚠️Evolution de la Densité des Généralistes en activité par département 2010-2025
    SOURCE Atlas Cnom 2025

    Voilà pourquoi il est

    ❌️ DANGEREUX de rendre l’exercice de la médecine générale plus PÉNIBLE

    ❌️ CONTRE-PRODUCTIF de vouloir réguler les installations.

    ✅️ Malgré une baisse drastique des effectifs, la médecine générale reste la profession de santé la MIEUX répartie sur le territoire.

    ↪️ Nos étudiants ont besoin de CONFIANCE et de perspectives POSITIVES.