Étiquette : médecins pour demain

  • Communiqué de presse du 31/08/2023 en réponse au Ministre de la santé Aurélien ROUSSEAU qui a pris la parole sur LCI le 27 août 2023

    Paris, le 31/08/2023

    Le Ministre de la Santé a pris la parole sur LCI le 27 août dernier, où il est revenu sur les grands problèmes de santé publique actuels.

    Monsieur le Ministre,

    Lors de votre entretien sur LCI, nous vous remercions d’avoir évoqué les problèmes liés à la canicule de ces dernières semaines, le COVID, les problèmes de services d’urgences fermés. Nous souhaitons vous rappeler leur dénominateur commun : le manque de soignant.

    Les soignants sont le pilier du système de santé. Sans soignant pas de soignés !

    Vous faites ce constat, mais n’apportez une fois de plus que des solutions temporaires, rustines en attendant, mais en attendant quoi ? Il est temps de voir à plus long terme et de faire le bon diagnostic.
    Certes les études dans le soin restent attrayantes pour les étudiants, mais le désenchantement apparaît vite, comme vous l’ont justement rappelé les journalistes au sujet des infirmiers. Ce manque d’attractivité est également présent dans le milieu médical : seulement 40% des médecins s’installeront dans les 5 ans après leur thèse. Nous ne comptons plus également les déplaquages de jeunes médecins, déjà épuisés avant l’âge, quand les plus âgés partent sans successeur. Un autre exemple criant récent : le major de promotion des ECN 2023 ne choisira finalement pas médecine générale devant « les réformes actuelles » qui « ne lui ont pas plu » (Quotidien du Médecin 29/08/2023).

    Vous dites vouloir reconnaître la pénibilité du travail de nuit chez les soignants, encore faut-il les payer le jour à la hauteur des autres pays européens ! Et qu’en est-il de la notion de prise de risque dans notre travail ? Peu de métiers sont confrontés à une responsabilité sur la vie des gens. L’amélioration de l’attractivité passe par une meilleure compensation financière face à ces contraintes de temps et de responsabilités. Oui les soignants, les médecins, ont évolué avec la société. Heureusement, il est loin le temps du sacerdoce, et les jeunes médecins d’aujourd’hui veulent une rémunération en adéquation avec leur métier.

    Du mépris, voilà ce que ressentent les médecins de ville. Vous soutenez vouloir maintenir l’excellence de la formation médicale française, mais quel message envoyez-vous aux médecins quand leur expertise ne vaut pas plus que celle de leurs confrères pharmaciens ou infirmiers ? (La rémunération des prises en charge de cystites ou angines sera de 25 euros pour l’équipe soignante selon le journal officiel du 24 août dernier, soit l’équivalent d’une consultation de médecine générale). Pourquoi faire 10 ans d’études si seulement 3 suffisent ?

    Du mépris encore, quand les médecins sont harcelés par la CNAM sur les prescriptions d’avis d’arrêt de travail, quand ils sont accusés par certains de la classe politique de tous les maux sociaux actuels et même la montée des extrêmes !
    Croyez-vous que cela va permettre d’attirer de nouveau médecins ? Pourtant une médecine de ville en bonne santé est la base d’un hôpital en bonne santé.

    Vous rappelez votre qualité de ministre des comptes sociaux. Vous voilà démasqué ! Malheureusement le budget de la sécurité sociale n’a jamais été aussi déficitaire que depuis qu’il est géré par l’Etat. Posons-nous les bonnes questions. N’y a t-il pas eu une déviance du financement de la Sécurité Sociale vers des fonctions administratives au détriment du soin (source OCDE) ?

    Le Projet de Financement de la Sécurité Sociale va d’ailleurs bientôt être de nouveau voté au parlement. N’est-il pas temps d’investir dans la santé de nos concitoyens ? L’inflation est partout. Nos entreprises en souffrent également, mais nous sommes le seul domaine qui ne peut augmenter son chiffre d’affaire. La santé a besoin d’un financement en adéquation avec la qualité des soins demandés.

    Malheureusement seuls 2 choix s’offrent à vous : investir dans la santé des français (pilier d’une nation, avec la justice, l’éducation et la défense) ou avouer face aux français que leur vie n’est qu’une ligne comptable sur laquelle nous devons rogner.

    Nous restons à votre disposition pour échanger sur ces sujets et bien d’autres.

  • Communiqué de presse du 24/07/2023

    DÉSERT LE 24/07/2023

    Vive les vacances,

    Juillet et août sont des mois propices aux vacances. Vacances pour des millions de français, grandes migrations vers des lieux de villégiatures, de repos, de silence et de calme.

    Chacun va chercher son petit coin de paradis, son petit désert et cela tombe bien puisque 84 % du territoire français est un désert. Désert médical certes, mais désert tout de même.

    Il n’existe pas de zones surdotées en médecins libéraux et pourtant certaines personnes essayent de vous faire croire l’inverse. 84 % du territoire est un désert médical c’est à dire que seul 16 % du territoire offre un accès à un médecin libéral de manière satisfaisante.

    Juillet et août, période estivale, période de vacances pour beaucoup. Repos, soleil, calme pour certains et pathologies estivales pour d’autres. Que cela ne vous effraye pas pour autant car 96 % du territoire sera couvert par la permanence de soins.

    L’engagement des médecins libéraux est exceptionnel et remarquable puisque malgré un désert médical couvrant 84 % du territoire français, la quasi totalité de la permanence de soin est assurée, été comme hiver, du lundi au dimanche, de jour comme de nuit. Le courage et l’engagement des médecins libéraux tout au long de l’année ne sont pas juste des mots mais un état de fait.

    L’activité du médecin libéral est variée. Elle permet de gérer 96% des urgences en amont de l’hôpital et évite dans 90 % des cas un passage aux urgences.

    Et pourtant, on essaye encore de faire croire aux français que les médecins libéraux ne travaillent pas suffisamment, qu’ils ne sont pas assez présents, pas assez disponibles, pas assez actifs et qu’il faudrait qu’ils fassent encore plus.
    Quelle autre profession peut annoncer que 30 % de ses actifs ont plus de 60 ans ? Oui, 30 % des médecins ont actuellement plus de 60 ans. Ces mêmes médecins travaillent entre 50 et 60 heures par semaine, assurent les permanences de soins comme 40 % de leurs confrères et assureront sans repos compensateur leurs consultations après leur garde afin de vous offrir un accès aux soins satisfaisant.

    Surmenage, burn out et suicides…. sont le lot de plus de 50 % des médecins. Si vous avez encore la chance d’avoir un médecin, sachez qu’il a près de 3 fois plus de risques de se suicider que la moyenne nationale et avec un suicide d’interne tous les 18 jours, cela va compliquer un peu plus votre prise en charge cet été. Quoi de plus logique ? Assurer des soins à ses patients plus de 55 heures par semaine sur un territoire qui est un désert médical à hauteur de 84 %, faire que 96 % des permanences de soins soient assurées, cela épuise, cela détruit, cela fait fuir et cela tue.

    Et pourtant, le médecin libéral est toujours là, toujours présent et prêt à se donner au-delà de ses forces mais pour combien de temps encore ?

    MÉDECINS POUR DEMAIN

  • Communiqué de presse, 20/07/2023 : suite à la nomination du nouveau Ministre de la Santé

    Paris, le 20 juillet 2023

    Monsieur le Ministre,

    Tout d’abord, nous tenons à vous féliciter pour votre nomination au poste de Ministre de la Santé, et nous vous encourageons pour cette lourde tâche qui vous incombe. Ce poste, dans l’Histoire, n’a jamais été une préoccupation majeure de nos hommes politiques, depuis le président du Conseil Georges CLEMENCEAU qui dût gérer en pleine grippe espagnole les huit départements éparpillés dans autant de ministères différents, jusqu’à une période plus récente (il n’y avait même pas de conseiller santé à Matignon en 1985…).

    De nos jours, la Santé apparaît toujours comme une terre étrangère, une inconnue qui rebute nos hommes politiques, n’y voyant le plus souvent qu’un budget à limiter, à raboter même, sans qu’aucune vision claire ne soit définie !

    Aurez-vous, Monsieur le Ministre, la clairvoyance d’un Émile LITTRÉ qui, dès 1859, plaidait pour un ministère de l’hygiène, de l’assistance et de la prévoyance sociale, soit une vision humaniste de la santé, ou vous limiterez-vous à une vision technocratique ?

    Nous ne cachons pas nos inquiétudes quant à cette dérive volontaire du gouvernement de technocratiser la politique, loin de la France de terrain. Nous espérons cependant que, Monsieur le ministre, vous saurez être à l’écoute. Médecins Pour Demain, fort de ses 18 000 membres sur Facebook et près de 4000 adhérents à son association, sollicite un entretien pour vous faire part du mal-être ambiant et de nos propositions pour améliorer l’accès au soins sans rogner sur la qualité de la médecine libérale.

    Sachez que Médecins pour Demain porte une ambition pour la Santé, celle d’une médecine à la française, louée autrefois pour sa très grande qualité, qualité que l’on souhaite au cœur d’un débat sur la nécessaire rénovation d’un système à bout de souffle ! Nous rappelons notre attachement à une consultation longue, nécessaire réponse à une médecine qui se complexifie sans cesse, et source tout à la fois de meilleure qualité de vie et d’économies pour le pays, chiffrées à près de 36 milliards d’euros d’ici 2060 ! (d’après France Stratégie, les déterminants de long terme des dépenses de santé, 07/2017)

    Les médecins, loin d’être les corporatistes que l’on décrit ça et là, sont des hommes et des femmes dévoués à leur tâche, et qui ne demandent, au fond, qu’une seule chose : être valorisés dans leur métier, se sentir à nouveau utiles au lieu d’être injustement décriés, en un mot retrouver l’humanisme qui nous habite tous en lieu et place du stakhanovisme prôné par nos institutions !

    Très respectueusement,