Étiquette : communiqué de presse

  • Nouvelles de la semaine : nouvelle ministre, poursuite des négociations conventionnelles, élections CDOM et CARMF, les COMELI et appel aux adhésions.

    Tout d’abord, comme vous le savez, nous avons eu, jeudi, l’annonce de notre nouvelle ministre de la santé : Catherine Vautrin.

    Nous n’avons plus de ministère dédié, elle sera ministre du travail, de la santé et de la solidarité. À noter que Catherine Vautrin n’a pas vraiment d’expérience dans le domaine de la santé.

    Madame Agnès Pannier Runacher sera ministre déléguée à la santé. Elle a fait partie de la Fédération Hospitalière de France, mais c’est un ministre délégué donc on devine qu’elle n’aura pas grande marche de manœuvre. Celui qui est à la barre, reste bien sûr, le président Macron.

    Nous soulignons l’inconstance des ministres de la santé lors de son quinquennat, voire de son quinquennat précédent également : depuis qu’Emmanuel Macron est président, nous en sommes à notre septième ministre de la santé ; dont 5 dans ce quinquennat actuel. Nous sentons donc bien que quoi qu’il arrive le bulldozer passe et poursuit son chemin. Nous continuons malgré tout le combat.

    Par ailleurs, les négociations conventionnelles entre les médecins libéraux, et la CNAM ont repris cette semaine avec trois focus. 

    • Mercredi, un focus sur la prévention : Pierre-Louis Helias, vice président de Médecins Pour Demain, nous représentait aux côtés de la FMF. Peu de choses à retenir de ce focus, si ce n’est que tous les syndicats ont rejeté en bloc (à demi mot pour la CSMF) les propositions de la CNAM puisqu’elle présentait une sorte de seconde ROSP. On constate que la CNAM n’arrive pas à voir la prévention autrement que par des cases à cocher… 
    • Jeudi, avait lieu le dernier focus sur la pertinence et la qualité des soins, Pierre-Louis Helias, il y a participé également.

    Le problème des arrêts de travail a été abordé. Nous avons redit que les causes des arrêts de travail n’étaient pas liées au médecin, mais bien au contexte socio-économique actuel et à la dégradation de l’accès aux soins.

    Il a également été évoqué le problème des ordonnanciers bizones : la CNAM nous reproche de mal « ranger » les médicaments en fonction de leur appartenance à l’ALD ou non. Nous avons souligné qu’il s’agissait plutôt d’un problème entre la CNAM et l’UNOCAM (l’Union des Complémentaires Santé).

    • Jeudi a eu lieu également le focus sur les spécialités médico-techniques. Malgré une grande disparité entre les spécialités, toutes souffrent de l’inflation. Il a été demandé un cumul des actes, un cumul des actes et des consultations ainsi qu’un élargissement des conditions de l’APC. Il a aussi été demandé une réouverture du secteur deux ou a minima de l’OPTAM. 

    Nous vous tiendrons au courant de la suite des négociations dans les jours et les semaines à venir. 

    Nous tenons également à vous rappeler que les élections ordinales ont lieu dans plusieurs départements en 2024. Les dépôts des candidatures se font actuellement. (D’ailleurs elles sont déjà terminées dans certains départements). 

    Si vous souhaitez vous présenter, n’hésitez pas à vous faire connaître si vous avez besoin de trouver votre binôme. Les candidatures des élections aux CDOM se font par binôme homme-femme. Une fois que vous avez déposé votre candidature, n’hésitez pas à le dire sur les réseaux. Nous vous soutiendrons. Nous serions ravis de pouvoir présenter des candidats issus de Médecins Pour Demain. 

    En 2024, se tiendront également les élections de la CARMF. Vous pouvez également vous présenter pour être délégué départemental CARMF. C’est important également d’avoir des médecins de notre association dans cette instance qui représente tous les médecins Libéraux. 

    Si vous avez besoin de plus d’informations, n’hésitez pas à nous solliciter.

    Nous vous rappelons également l’existence des COMELI qui sont des collectifs de médecins libéraux qui se sont développés un peu partout en France. Ils permettent localement aux médecins de se défendre et se montrer solidaires face aux agressions de la CPAM locale. Les charte de solidarité des médecins signataires permettent de montrer l’union, mais aussi la grogne face à la CPAM. Si vous voulez en savoir plus sur les COMELI de votre département, n’hésitez pas à le demander sur nos réseaux.

    Nous vous rappelons enfin que Médecins Pour Demain a renouvelé ses adhésions pour 2024. Nous avons une adhésion annuelle qui ne se renouvelle pas automatiquement pour le moment. Si vous étiez déjà adhérent en 2023, nous avons besoin de votre renouvellement puisque c’est le chiffre de nos adhérents qui nous donne le poids face aux politiques et aux médias. Si vous n’étiez pas adhérent en 2023, vous êtes bien sûr les bienvenus en 2024. 

    Pour finir, nous vous informons que nous allons organiser une assemblée générale au printemps prochain pour faire le point sur la première année de l’association. Il y aura une élection de quelques membres pour le Conseil d’Administration.

    Bonne journée à tous !

    L’équipe de Médecins pour Demain.

    Dessous : deux vidéos de notre Présidente, le Dr Mélanie RICA HENRY.

    Et voici notre communiqué de presse concernant la nomination de notre nouvelle Ministre de la Santé : Madame Catherine VAUTRIN.

  • Négociations conventionnelles : épisode 1

    Voilà, les négociations conventionnelles viennent de reprendre.

    Paris, le 16/11/2023

    En lisant la lettre de cadrage du Ministre de la Santé, Aurélien ROUSSEAU, nous nous en doutions. Les doutes sont levés.

    La volonté de revalorisation de la CNAM se fera probablement sous conditions. Cette fois-ci ce n’est pas l’engagement territorial qui est mis en avant, mais la pertinence de nos prescriptions !

    Oui, vous avez bien lu… la pertinence de nos prescriptions ! Cela nous rappelle d’ailleurs étrangement les Mises Sous Objectifs (MSO) subies par de très nombreux confrères, et nous fait entrevoir un encadrement encore plus strict de nos actes.

    Il nous a paru utile de rappeler à Monsieur FATOME, que cette convention doit se faire dans un cadre déontologique. Car c’est la déontologie médicale qui régit nos activités, la CNAM ne pouvant faire fi de ce règlement. Ce code inscrit dans la loi, est un pilier de la médecine.

    La plupart des syndicats, ont convenu que ce qui faisait la particularité de notre métier était justement la singularité de nos patients. C’est ce qui fait notre art : savoir adapter une prise en charge possiblement protocolisée, à chaque patient. C’est ce qui différencie l’IA du médecin. C’est ce qui nous rend humain. La médecine a besoin d’humain. La CNAM semble vouloir s’en affranchir.

    L’avenir de la médecine se joue ici et maintenant. Investir dans le soin de proximité est une nécessité, comme le répète inlassablement l’OMS, sous peine de voir notre système de santé s’écrouler totalement. Il s’agit de faire entendre notre voix !

    Vidéo de sortie de négociations le 15 novembre 2023 : avec les docteurs Mélanie RICA-HENRY, Ephrem MENAGER et Pierre-Louis HELIAS :

  • Le Gouvernement sacrifie les vies des Français sur l’autel de l’équilibre budgétaire

    Le PLFSS pour 2024, soutenu par 49.3, poursuit l’austérité de la politique de santé qui a abouti à l’état de délabrement actuel de notre système de soins. En faisant le choix de privilégier la santé des comptes publics sur celle des Français, le gouvernement risque de perdre sur les deux tableaux en induisant une nouvelle crise sanitaire.

    Paris, le 31 octobre 2023

    Pour la première fois de son histoire, le vendredi 20 octobre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a rejeté ensemble le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et son objectif national de dépenses de l’Assurance Maladie (ONDAM). En usant par deux fois en une semaine de l’article 49.3 de la Constitution, le Gouvernement vient de faire savoir à la représentation nationale que cet ONDAM à 3,2% n’était pas négociable. Mais, par la teneur de ce PLFSS, le gouvernement, qui prétend avoir une démarche de « responsabilité » relative à l’équilibre des comptes publics, prend surtout une lourde responsabilité à l’égard de la santé des Français.

    Tout d’abord parce qu’il a estimé, contre l’avis de nombreuses administrations concernées, un ONDAM qui reste, en pleine inflation, dans la moyenne des précédents depuis plusieurs décennies : cette contrainte purement comptable, sourde aux besoins réels et croissants de soins des Français, a déjà montré, dans une suite d’autres mesures d’austérité (numerus clausus, lois constitutionnelle et organiques de financement de la sécurité sociale, HPST, loi de modernisation du système de santé, loi Santé 2022, etc.) son effet délétère sur notre système de soins. L’hôpital s’effondre ; la France est un désert médical ; mais l’Etat continue obstinément son cap littéralement mortifère.

    Mais cette responsabilité gouvernementale est aggravée par des articles du PLFSS qui, avec le même argument d’économie, vont avoir des conséquences délétères en matière de santé publique. Ainsi de cette obsession suspecte des arrêts de travail, dont les prescripteurs sont l’objet d’une campagne de contrôle, alors même que leur augmentation généralisée, donc systémique, est due en premier lieu à des managements pathogènes, puis à la pénurie de soignants elle-même qui allonge les délais de prises en charge spécialisées. Avec l’article 27 du PLFSS, le patient pourra voir ses indemnités journalières coupées instantanément sans avoir le temps de demander un recours, dès que le médecin contrôleur mandaté par l’employeur aura estimé injustifié ou excessif l’arrêt de travail prescrit par le médecin traitant connaissant le malade. On peut imaginer les conséquences : dans le cas de troubles anxio-dépressifs « psycho-sociaux », l’arrêt de travail est souvent la seule protection de l’employé avant une déclaration d’inaptitude, et la principale prévention de son suicide. Rappelons-nous de l’hécatombe à France Telecom il y a 15 ans.

    Même si elle est déjà sensible, on ne peut encore prédire le niveau de la surmortalité qu’induira cette carence de moyens, par retards de diagnostics et de traitements, par défaillances des urgences, mais ces morts évitables seront certainement vécues plus scandaleusement par les Français que celles du COVID. Alors que la gabegie de la gestion de notre système sanitaire par une sur-administration est dénoncée régulièrement par la Cour des Comptes, ce gouvernement sera plus coupable que ses prédécesseurs de ces décès par défaut d’investissements adaptés aux besoins de soins des Français, parce qu’il l’aura décidé en pleine connaissance de ses effets désastreux sur leur santé.