Catégorie : Communiqués de presse

  • Communiqué de presse de Médecins Pour Demain à propos de la PPL GAROT

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 25 mars 2025

    PPL Garot : ou comment détruire ce qu’il reste de notre système de santé

    Dès demain, mercredi 26 mars 2025, l’Assemblée nationale examinera en commission des affaires sociales, la proposition de loi portée par le député Guillaume Garot, qui prétend s’attaquer au fléau des déserts médicaux.

    Un combat que nous partageons. Un impératif de justice territoriale que nous portons nous aussi.

    Mais le remède proposé est pire que le mal. Cette loi, en misant sur la contrainte plutôt que sur la confiance, risque de briser définitivement l’élan de la médecine libérale, d’épuiser les forces vives qui tiennent encore debout le système de santé, et d’aggraver la pénurie partout sur le territoire.

    Médecins Pour Demain, association de praticiens de terrain, alerte : si cette loi est adoptée en l’état, elle fera fuir les jeunes, démobilisera les installés, et creusera encore davantage les inégalités d’accès aux soins.

    UNE MÉDECINE D’ÉTAT QUI NE DIT PAS SON NOM

    La mesure phare de cette proposition ? Soumettre l’installation des médecins à une autorisation préalable des ARS.

    Ce que cela signifie concrètement : la fin de la liberté d’installation.

    Un jeune médecin ne pourra plus choisir où exercer selon son projet de vie, ses attaches, ses préférences professionnelles. Il devra attendre le feu vert de l’administration.

    Ce mécanisme d’affectation ressemble à s’y méprendre à une prise de contrôle étatique de l’exercice médical. Une médecine sous tutelle, où les jeunes praticiens deviennent les rouages précaires d’un système bureaucratique à bout de souffle.

    Sans les protections du salariat. Sans les moyens de l’hôpital. Sans la liberté de la ville.

    On n’accompagne plus les vocations : on les assigne. On ne soutient plus l’engagement : on le conditionne.

    Et demain ? Quotas de patients ? La coercition publique ouvre la voie à la coercition privée : financiarisation, industrialisation, ubérisation des soins.

    CRÉER UN DROIT À LA MÉDECINE DE PROXIMITÉ… UN RISQUE POUR L’ÉTAT

    En transférant aux ARS le pouvoir d’autoriser l’installation des médecins, l’État endosse une responsabilité nouvelle : celle de garantir un accès effectif à un médecin pour chaque citoyen.

    C’est, en creux, l’instauration d’un droit opposable à la médecine de proximité.

    Or, en prenant la main sur l’organisation de l’offre, l’État expose sa responsabilité juridique : que se passera-t-il si ce droit n’est pas rempli ? Si les installations ne couvrent pas les besoins réels ? Si des patients restent sans médecin ? C’est une usine à contentieux. Et une illusion de solution.

    LA MÉDECINE LIBÉRALE N’A JAMAIS FAILLI

    Ce que cette loi trahit, c’est une véritable défiance envers la médecine libérale – comme s’il fallait aujourd’hui s’en méfier, la surveiller, la contraindre.

    Alors même qu’elle a toujours été au rendez-vous.

    Pendant la crise du Covid, ce sont aussi les médecins libéraux qui ont tenu. Sans eux, l’hôpital aurait été encore plus submergé.

    Aujourd’hui encore, malgré l’épuisement, malgré la surcharge, malgré les contraintes, ce sont eux qui tiennent la ligne de front, dans les villes, les campagnes, les quartiers.

    On ne récompense pas cet engagement par des chaînes.

    On ne construit pas l’avenir en démoralisant ceux qui tiennent encore.

    LE RISQUE D’UN CHAOS ORGANISÉ

    Aujourd’hui, il n’y a plus de zones véritablement sur-dotées. Dans 90 % du territoire, on manque déjà de médecins.

    Empêcher les installations dans certaines zones, c’est organiser à moyen terme de nouveaux déserts médicaux là où l’équilibre est encore précaire.

    Une autre mesure du texte accentue encore ce déséquilibre : les gardes obligatoires généralisées – une violence symbolique et logistique pour des médecins déjà au bord de la rupture.

    NOS PROPOSITIONS : DES SOLUTIONS CONCRÈTES, RÉALISTES, FINANCÉES

    Médecins Pour Demain ne se contente pas de s’opposer : nous proposons.

    Nous appelons à des mesures d’efficacité immédiate, réalistes et responsables, qui ne reposent ni sur l’autoritarisme, ni sur des promesses illusoires. Voici notre plan :

    • Créer 1 000 centres de consultations avancés, répartis dans les zones les plus en tension, dans des locaux fournis par les collectivités locales (mairies, départements, régions). Ces centres permettraient aux médecins en fin de carrière de prolonger leur activité de façon souple, par demi-journées ou journées entières, au service des patients.
    • Rémunération incitative : forfait défiscalisé de 300 euros la demi-journée (pour 10 consultations à 30 euros), avec un coût estimé à 156 millions d’euros en année pleine.
    • Financement responsable : via une « taxe lapin » – chaque année, 14 millions de rendez-vous médicaux ne sont pas honorés, représentant une perte de 420 millions d’euros. Ce gâchis nuit à tous. Une contribution symbolique et solidaire permettrait de financer ce plan sans coût pour l’État.
    •  Etendre le dispositif :
    • Aux consultations avancées de spécialistes, déjà budgétées dans la Convention Médicale.
    • À la formation par les stages : permettre aux internes de médecine générale en 4e année de découvrir les territoires sous-dotés, pour susciter des vocations locales.
    • Ces mesures ont vocation à être transitoires : le temps de former davantage de médecins, et d’accompagner la revitalisation des territoires dans le cadre d’une politique plus large de réindustrialisation et de rééquilibrage.

    NOUS DISONS STOP

    Médecins Pour Demain s’oppose à cette vision punitive de la santé.

    Nous refusons que la crise actuelle serve de prétexte à imposer des mesures autoritaires, inefficaces et contre-productives.

    Oui, nous voulons soigner partout.

    Mais pas sous la contrainte.

    Pas enchaînés.

    Pas au prix de notre liberté de soigner comme nous le jugeons juste, humain et responsable.

    On ne soigne pas mieux en punissant. On soigne mieux en donnant envie.

    Envie de s’installer, d’exercer, d’innover, de s’engager.

    DEMANDE SOLENNELLE 

    Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les parlementaires,

    Nous vous demandons solennellement de ne pas poursuivre sur cette voie. Elle ne résoudra rien.

    Elle détournera les vocations, cassera les dynamiques, désorganisera les territoires.

    Une fois encore, l’enfer est pavé de bonnes intentions… 

    #StopPPLGarot #MédecineLibre #DésertsMédicaux

  • Communiqué de presse commun pour l’appel à fermeture du 12 mars 2025

    Le « Collectif du 12 Mars » appelle à un mouvement national contre les violences faites aux soignants

    Les agressions contre les soignants atteignent un niveau alarmant, avec une hausse de 27 % en 2023. Cette violence, devenue quotidienne, met en danger non seulement les professionnels de santé mais aussi les patients et l’ensemble du système de soins.

    Face à cette escalade intolérable, le « Collectif du 12 Mars », qui regroupe des professionnels paramédicaux, des médecins, des pharmaciens, des collectifs et des syndicats, tire la sonnette d’alarme et appelle à un mouvement national le 12 mars prochain.

    Le « Collectif du 12 Mars » appelle donc à un mouvement national d’ampleur pour dire STOP AUX VIOLENCES ! et appelle les soignants :

    • à une mobilisation massive, afin d’ exiger des mesures immédiates de prévention, de protection, de sanction, et des moyens dédiés

    • à la fermeture de leurs cabinets, dans le respect de la nécessaire permanence des soins

    • à des rassemblements partout en France, devant les préfectures et institutions publique

    • à une action nationale à Paris, afin d’interpeller les pouvoirs publics

    Le « Collectif du 12 Mars » interpelle les pouvoirs publics et demande instamment :

    • Une réponse judiciaire adaptée, et des sanctions exemplaires dissuasives contre les auteurs de violences verbales et physiques ;

    • L’élargissement du délit d’outrage aux soignants dans l’exercice de leurs fonctions, afin de reconnaître la mission de service public des soignants ;

    • L’application systématique, en cas de violences physiques ayant entrainé une ITT de moins de 8 jours, d’une circonstance aggravante caractérisant le délit ;

    • Une mobilisation nationale des pouvoirs publics et des parquets généraux, afin de garantir la sécurité des soignants en ville, à l’hôpital, en pharmacie et lors des interventions à domicile.

    « Protéger les soignants, c’est aussi protéger les patients et le système de santé. La violence à l’encontre des soignants ne doit plus être banalisée. Il est urgent d’agir. »

    Communiqué de presse commun avec les syndicats paramédicaux, et médicaux, et les associations de défense des professionnels et du système de santé !Ensemble, luttons contre les violences faites aux soignants, fermons nos cabinets, rassemblons-nous le 12 mars 2025 !

    — Médecins Pour Demain (@medecinspourdemain.bsky.social) 2025-03-03T11:40:42.525Z
  • Communiqué de presse Médecins Pour Demain : Soutien au Dr Oulmekki Mohammed à Drancy : Un appel à la justice face à la violence envers les soignants

    À paris, le 15 février 2025

    L’association Médecins Pour Demain exprime son profond soutien au Docteur Oulmekki Mohammed, médecin exerçant à Drancy, victime d’une agression physique violente de la part d’un patient en novembre 2024. Pour rappel, notre confrère a subi un traumatisme facial violent (multiples fractures du nez) et n’a, à ce jour, pas retrouvé l’odorat ni le goût et garde des séquelles physiques s’ajoutant au traumatisme psychologique.

    Personne n’ignore que les actes de violence envers les professionnels de santé explosent et il est inacceptable que ceux qui consacrent leur vie à soulager la souffrance soient exposés à une quelconque violence (physique, psychologique, verbale,…). Les soignants et professionnels de santé, en première ligne, sont confrontés à l’agressivité croissante d’une population désespérée face à la crise de la santé, issue d’un désinvestissement de l’Etat dans la médecine en général, et dans la médecine de proximité en particulier !

    Nous exigeons une prise de conscience collective et un engagement fort de la part des autorités pour que la sécurité des professionnels de santé soit garantie. Nous avons à ce titre avancé des propositions, restées à ce jour lettre morte.

    L’association Médecins Pour Demain reste déterminée à rappeler les droits des soignants et à œuvrer pour un environnement où ils peuvent exercer leur métier en toute sérénité et sécurité.

    Rappel de nos propositions :

    • Rédaction d’une convention santé-sécurité-justice avec les services de gendarmerie ou de police, et le parquet, sur un territoire donné
    • Pré-identification des numéros de téléphone des cabinets et des professionnels de santé lors de l’appel aux forces de l’ordre pour un traitement rapide de l’appel
    • Bouton d’appel d’urgence dans les maisons médicales de garde
    • Création d’une plate-forme d’accès sécurisée avec géolocalisation du professionnel si lieu supposé dangereux
    • Rompre l’isolement des professionnels de santé effectuant des gardes : assistants médicaux, transports sanitaires jusqu’aux maisons médicales de garde, accompagnement par les forces de l’ordre lorsqu’une visite peut s’avérer dangereuse (patient agité, délirant, etc… )
    • Conservation de l’éclairage public aux abords des cabinets médicaux ou des maisons médicales de garde ( jusqu’à une heure après la fin des horaires d’exercice)
    • Installation de caméras de surveillance aux abords des maisons médicales de garde ou des structures inscrites dans la permanence des soins.
    • Formations des professionnels de santé à la gestion des personnes violentes et/ou agressives
    • Facilitation des dépôts de plaintes
    • Instruction et traitement pénal rapide des agressions constatées (comparutions immédiates)
    • Protection étendue au personnel d’accueil avec extension de l’article 222-13 du code pénal
    • Faciliter l’annulation de prescriptions obtenues par la contrainte

    Le bureau de Médecin Pour Demain

    Contacts Presse :

    • Benoit COULON :
    • Élodie LE BUZULLIER :
    • Mail : medecinspourdemain@gmail.com