Tribune – Lettre ouverte à François Bayrou : « Les médecins méritent mieux que le mépris »

Monsieur le Premier Ministre,

Vos déclarations dans le Journal du Dimanche ont profondément choqué nombre de soignants. Elles trahissent une méconnaissance flagrante du quotidien des médecins, tout en alimentant une forme de mépris, injuste et dangereuse, à l’égard d’une profession que vous accusez, en substance, d’irresponsabilité.

Faut-il rappeler que lors de la crise du Covid, c’est cette profession – sans protection, sans moyens, et parfois au prix de sa vie – qui a tenu la digue ? Que les médecins ont soigné, écouté, rassuré, souvent dans l’isolement et l’épuisement total ? Comment peut-on aujourd’hui jeter le soupçon d’indifférence sur celles et ceux qui tiennent encore debout un système de santé à bout de souffle ?

Vous affirmez par ailleurs que les médecins sont « rémunérés par la Sécurité sociale ». Cette affirmation est factuellement fausse. La Sécurité sociale est un organisme de nature assurantielle, institué par les ordonnances d’octobre 1945, dont le rôle est de garantir l’accès aux soins à tous les citoyens. Les médecins sont rémunérés par les patients, via le remboursement d’actes médicaux – ce n’est pas un détail sémantique, c’est une différence, de fond, que l’on attend d’un chef de gouvernement qu’il maîtrise.

Vous évoquez également le coût des études de médecine pour l’État. Faut-il vraiment vous rappeler que sans les internes – surexploités, sous-payés, envoyés parfois à leurs frais à des centaines de kilomètres de chez eux – les hôpitaux publics cesseraient tout simplement de fonctionner ? Que leur taux de burn-out et de suicides est le plus élevé de toutes les professions de santé ? Ce que ces jeunes médecins attendent, ce n’est pas une dette de gratitude, c’est un minimum de respect pour les sacrifices qu’ils consentent.

Enfin, vous accusez la profession d’« indifférence ». Mais c’est bien elle qui, depuis des années, colmate les brèches provoquées par des politiques successives qui ont organisé la pénurie médicale (notamment via le numerus clausus), laissé dépérir les territoires ruraux, et désinvesti massivement dans la santé. Ce sont les médecins qui tiennent les centres de soins, les urgences, les cabinets désertés. Ce sont eux qui maintiennent un lien social et humain, là où l’État s’est souvent effacé.

Monsieur le Premier Ministre, dans une période où notre pays traverse des incertitudes majeures, le rôle d’un chef de gouvernement n’est pas d’opposer, de caricaturer, ou de désigner des boucs émissaires. Il est de rassembler, de comprendre, et de soutenir ceux qui tiennent encore la République debout.

Les médecins n’attendent pas des éloges : ils attendent de la reconnaissance, et surtout, qu’on cesse de les humilier.

Respectueusement,

Contact Presse : medecinspourdemain@gmail.com

Lien de l’article du JDD dans lequel François Bayrou énonce des contre-vérités.

Et sur X (ex Twitter) le tweet sur le sujet est au dessus.

Notre bibliographie :

Notre lettre ouverte en PDF :

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : le 1er Ministre passe un décret en catimini !

Le 1er Ministre Michel BARNIER vient de publier en catimini, ce 31 octobre 2024, un décret mettant en place l’obligation de remplir un formulaire supplémentaire par le médecin, pour justifier du remboursement d’une prescription médicamenteuse.
La liste des dispositifs médicaux ou médicaments soumise à cette obligation sera publiée par décret.

L’Etat souhaite donc contrôler par une démarche administrative supplémentaire à la prescription, si le médecin respecte toutes les indications ouvrant droit au remboursement et les recommandations de la Haute Autorité de santé (qui comme le nom l’indique, sont
des conseils et aucunement une règle ).

Cette mise sous surveillance préalable de nos prescriptions fera peser financièrement la responsabilité du remboursement du patient par l’Assurance Maladie sur les médecins, les exposant aux indus*, et aggravera leur charge administrative déjà lourde de plus de 25% du temps médical.

Ce décret sournois constituait une partie de l’article 16 du PLFSS 2025, qui a été rejeté massivement par le vote en commission des affaires sociales du Parlement : le gouvernement l’impose dès le 1/11/2024.

Médecins Pour Demain s’oppose à cette surcharge administrative, pour une profession déjà en tension et à bout, et demande à l’Assurance Maladie de prendre ses responsabilités : décider quelles prescriptions sont remboursés ou non et ne pas se défausser sur les médecins.

Trop de charges administratives, c’est trop !

Décret légifrance ici

*Récupérations par l’Assurance Maladie, auprès des médecins, de sommes considérées comme indûment perçues par les médecins ou leurs patients

Nous vous rappelons notre communiqué du 21 octobre 2024 en réaction au PLFSS

Et notre résumé des articles :

C’est la rentrée ! Nouveau premier ministre (sans gouvernement pour le moment) et clash entre le CNOM et le Pr JOUVE à propos de la PDSA.

Bonjour à tous,

Cette semaine, notre nouveau Premier Ministre a (enfin) été nommé : il s’agit de Michel BARNIER, qui appartient au groupe LR (Les Républicains).

Nous attendons maintenant de connaître notre futur ministre de la santé… (Pour rappel, il s’agira du 8ème ministre de la santé depuis la première élection d’Emmanuel Macron)

De notre côté, nous sommes en train de rédiger un mémo sur l’état actuel du système de santé et nos solutions, qui sera à destination des députés élus au début de l’été. Nous vous tiendrons au courant dès qu’il sera prêt.

Résumé de la semaine du 2 septembre 2024 par le Dr RICA HENRY

En cette fin d’été, nous avons vu surgir un éternel débat sur la PDSA (Permanence des Soins Ambulatoires) : faut-il la rendre obligatoire ?

Notre réponse en vidéo !

Pour rappel en quelques mots : contrairement à ce que semble penser le Pr Jean-Luc JOUVE (qui dénonce l’absence d’implication des libéraux dans la PDSA) : la permanence des soins ambulatoire est assurée quotidiennement sur 97% du territoire français.

Notre source : l’enquête du Conseil National de l’Ordre des Médecins que vous pouvez retrouver ici.

La PDSA, c’est quoi ? Par le Dr Marie BENETEAU.

La réponse du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins) sur What’s up Doc le 06/09/2024 : urgences : clash entre le Pr Jean-Luc Jouve et l’ordre des médecins sur la permanence des soins